mercredi 29 avril 2026

Ramassages des plastiques sur les plages

    Depuis le début de l’année, sur la proposition de Michèle Renard, le GONm organise chaque mois un nettoyage des plages entre Saint Jean le Thomas et le Bec d’Andaine. Nous sommes chaque fois entre 5 et 10 participants, équipés de gants, d’un sac poubelle, et de patience.

 


    Bien sûr, d’autres organisations s’attaquent aussi au problème, ponctuellement ou régulièrement. La présence de « bacs à marée » incite aussi les promeneurs à récupérer les déchets. Mais il reste toujours quelque chose à ramasser, comme nous l’avons chaque fois constaté.

 


    L’un de nos objectifs est de réduire le nombre de ficelles dans lesquelles des oiseaux peuvent s’emmêler. Les pattes entravées, ils meurent plus ou moins rapidement. Parfois, des déchets plastiques sont ingérés, finissant par bloquer le tube digestif. Lorsque la mortalité survient en période de reproduction, ce peut être toute une famille qui perd un adulte nourrisseur.

 


    Et puis, on sait que ces déchets sont rapidement cassés, abîmés, réduits en morceaux de petite taille, jusqu’à former les « microplastiques » qui depuis quelques décennies se retrouvent dans tous les milieux, dont la mer. Ces microplastiques sont tellement petits qu’ils peuvent pénétrer dans les cellules, via l’alimentation. À notre tour, en consommant des poissons, des coquillages, nous nous en imprégnons sans le savoir.

 


    Nous avons constaté que dans les bacs à marée, ce sont les macrodéchets qui ont été ramassés : morceaux de casier à crustacés, protection de bouchots à moules ... Notre effort s’est porté sur les plastiques les plus fins, ceux qui se désagrègent le plus rapidement. C’est là où la patience est un outil indispensable : ces déchets se mêlent aux algues, et les séparer est délicat. Quand notre action commence à casser le plastique, nous avons préféré prendre le tout : déchets et algues.

 


    D’où viennent tous ces déchets ? Pas besoin de faire de longues statistiques : l’essentiel provient de la mer. Élevage des moules, des huîtres, pêche au large fournissent la grande majorité des épaves d’origine humaine. La grande variété de bouts de filets, dont certains très fins, nous donne « du fil à retordre » … On trouve aussi quelques bouteilles, emballages.

 


    Nous faisons en ce début mai notre dernier ramassage, en choisissant avec soin le lieu. Pas question de mettre en danger le rare gravelot à collier interrompu, qui niche … sur la laisse de mer ! La discrétion des nids, avec des œufs semblables à des galets, oblige à respecter un grand périmètre de tranquillité. Les secteurs où il s’installe sont surtout sur les plages de Dragey et du Bec d’Andaine. Nous donnons donc rendez-vous dimanche 3 mai à 10h à Saint Jean le Thomas, plage de Pignochet. N’oubliez pas vos gants et un sac !

 



Thierry Grandguillot


 

 

 

dimanche 12 avril 2026

Saint Léonard le 12 avril 2026

Saint Léonard, chemins et herbus

    Circuit varié et belle lumière, dont ont profité 22 personnes ce matin. Près de l’écomusée, une petite troupe de 3 chardonnerets circule d’arbre en arbre.

Couple de Fauvette à tête noire

    Les saules accueillent beaucoup d’insectes, qui attirent bien sûr les insectivores. Belles observations d’un couple de fauvettes à tête noire et d’un pouillot véloce.

Pouillot véloce

    Bordé de chaque côté par des haies, le chemin creux constitue un milieu de lisière, utilisé aussi bien par des oiseaux liés à l’arbre (pinson, pouillot, troglodyte), que par ceux qui ont besoin des prairies pour se nourrir (linottes, merle noir, grive draine).

Pinson des arbres

    Une surprise : survolant une prairie, le tsip ; tsip ; tsip d’une cisticole des joncs nous étonne. Cette espèce fréquente préférentiellement les milieux naturels : herbus à herbes hautes, prairies humides à joncs, dunes à oyat. Si la prairie où nous sommes est ensilée ou pâturée durant le printemps, la cisticole ne pourra achever son cycle de reproduction.

Accenteur mouchet

    La bouscarle de Cetti est entendue sur au moins 4 territoires différents, aperçue une fois.
Lorsque les haies disparaissent, près du sommet du Pré Vermont, le traquet pâtre (ou tarier pâtre) s’installe.

Traquet pâtre (à droite), linottes (à gauche)

    D’en haut, nous commentons la progression très importante des herbus en direction de Tombelaine. Toute la partie nord-est de la baie se comble. Le chenal Sée-Sélune reste maintenant entre le Mont et Tombelaine, alors qu’il passait parfois entre Tombelaine et le Bec d’Andaine, chassant alors les sédiments.
Corbeau freux

    La dernière partie de notre circuit longe l’herbu. Des pigeons ramiers « font le kéké » : dès que l’un d’eux se lance dans un vol nuptial, le voisin l’imite, suivi par un troisième … Ils nichent dans le bourrelet boisé entre herbu et champs. 

Traquet motteux

    Un bosquet d’ormes champêtres nous impressionne : échappent-ils à la graphiose ?
Notre recherche sur l’herbu est d’abord décevante : quelques alouettes des champs au loin, mais aucun pipit farlouse. Puis la bergeronnette printanière flavéole ; le traquet motteux, de passage ; l’hirondelle rustique ; l'hirondelle de fenêtre, et enfin quelques martinets noirs, les premiers de l’année pour nous.


Liste des oiseaux observés :
Chemin sous les ormes

  1. Faisan de Colchide
  2. Pigeon ramier
  3. Pinson des arbres
  4. Pouillot véloce
  5. Fauvette à tête noire
  6. Accenteur mouchet
  7. Corneille noire
  8. Chardonneret élégant
  9. Merle noir
  10. Troglodyte mignon
  11. Pie bavarde
  12. Mésange bleue 
  13. Grive draine 
  14. Rougegorge familier 
  15. Grive musicienne 
  16. Cisticole des joncs
  17. Linotte mélodieuse
  18. Hirondelle rustique 
  19. Corbeau freux
  20. Alouette des champs
  21. Bruant zizi 
  22. Courlis corlieu 
  23. Buse variable
  24. Aigrette garzette
  25. Bergeronnette printanière flavéole
  26. Bergeronnette grise
  27. Martinet noir
  28. Traquet motteux 
  29. Moineau domestique
  30. Héron cendré
  31. Grand cormoran 
  32. Hirondelle de fenêtre 
  33. Verdier d’Europe


Texte : Thierry Grandguillot
Liste : Sébastien Crase
Photos : Claude Ruault, Jacky Richard, Thierry Grandguillot

 

À identifier vous-même ... 











dimanche 22 mars 2026

Le Bois Dardennes le 22 mars 2026

Compte-rendu de la sortie au 

Bois Dardennes à Ducey

le 22 mars 2026



    Le lieu, la météo et la saison ont attiré beaucoup de monde ce matin : nous étions 28 ! Nous avons préféré faire 2 groupes pour avoir une meilleure écoute.



Si les migrateurs tardifs ne sont pas encore arrivés, il y a tout de même beaucoup de chants à identifier. Il y a les espèces ubiquistes : mésanges, merle noir, fauvette à tête noire, pouillot véloce. Et puis les espèces qui sont plutôt liées au milieu forestier : le grimpereau des jardins, discret, couleur de l’écorce ; la sittelle torchepot, très bavarde en ce moment, mais qui reste dans les hauteurs des arbres ; le cortège des pics : pic épeiche, pic mar et pic vert. Ce dernier reste souvent à la lisière, et lance un long et puissant “kia kia kia kia”. Le second, peu commun dans la Manche, chante étonnamment avec des cris de cochon en danger ! Le premier, le plus commun, tambourine sur une branche sèche, et le son produit s’entend de loin. Cela fait office de chant, c’est-à-dire que le territoire est marqué par ces tambourinements, auxquels répondent les pics des territoires voisins. Le rôle des pics est très important au Bois Dardennes : les loges creusées, les années suivantes, servent aux passereaux cavernicoles, dont les mésanges, les sittelles ou l’étourneau, qui peut nicher dans le bois et se nourrir à l’extérieur. Les pics se nourrissent d’insectes trouvés sous les écorces ou dans le bois mort. En voyant le résultat de leur travail, il ne faut pas s’exclamer : “Les pics attaquent les arbres !”, mais dire au contraire : “Les pics soignent les arbres !”, car une branche sans insectes n’est pas visée par eux.

 

Une loge de pic épeiche

La grande variété botanique est visible dans le paysage : on voit plusieurs étages de végétaux. La strate herbacée, vert tendre aujourd’hui, comporte dans ces premiers jours du printemps des fleurs qui se dépêchent de profiter de la lumière, avant la pousse des fougères et celle du feuillage des arbres.

La strate arbustive, avec les noisetiers, les néfliers, auxquels se mêle le chèvrefeuille.

La strate arborescente est surtout représentée par le chêne, le bouleau, le rare peuplier tremble. Quelques hêtres se remarquent : le sol est bien dégagé sous la frondaison, la germination des autres plantes est limitée par l’émission de toxines. 

Sylvie et ficaires
 
    Lorsque la tempête souffle, elle fait ici des dégâts, car dans ce sol peu profond, les racines restent en surface. Les chablis - le terme désigne aussi bien l’arbre tombé que le creux laissé par les racines arrachées - montrent que la nappe d’eau est très proche de la surface. Des batraciens viennent s’y reproduire, dont la salamandre qui est en grand danger dans le reste de nos campagnes.

Chablis près du chemin ; la nappe d'eau affleure.
 

     Quelques mammifères : les fouilles de sanglier sont omniprésentes, et par endroit on trouve de la boue à la base d’un tronc d’arbre, près d’un ruisseau. La chasse au sanglier est autorisée cette année jusqu’au 31 mars.

Le sol est fouillé. 🐗

Un écureuil et deux chevreuils sont observés.

Le bois est connu pour ses chauve-souris, qui ont été étudiées il y a quelques dizaines d’années à l’aide d’abris encore en place. Un de ces abris s’est détaché et pend. Une ouverture s’est formée, par laquelle un couple de mésanges bleues s’introduit. Une nichée y sera-t-elle menée ?

Abri à chauve-souris
 

 

 

 Nous avons évoqué en fin de parcours le Chœur de l’Aube, objet d’une animation à Avranches l’an dernier. Le GONm propose à chacun de participer à une étude en se levant tôt dimanche 5 avril. Voyez les informations ici.



Liste des oiseaux observés : 

  1. Mésange bleue 
  2. Fauvette à tête noire
  3. Pouillot véloce 
  4. Sittelle torchepot
  5. Mésange charbonnière 
  6. Troglodyte mignon 
  7. Corneille noire
  8. Pic vert
  9. Rougegorge familier
  10. Geai des chênes
  11. Grive musicienne 
  12. Pic épeiche 
  13. Canard colvert
  14. Grimpereau des jardins
  15. Pinson des arbres
  16. Pic mar
  17. Merle noir
  18. Buse variable
  19. Choucas des tours
  20. Pigeon ramier
  21. Grive litorne 
  22. Grive draine 
  23. Mésange à longue queue 
  24. Héron cendré.
Texte : Thierry Grandguillot
Liste : Sébastien Crase
Photos : Thierry Grandguillot et Luc Loison

Complément d'info, suite au café ornitho du mois de mars :

Patrick Desgués nous a présenté ses observations axées sur les lectures de bagues. Voici le site qui permet de faire le retour de  nos lectures : https://cr-birding.org/colourprojects . Bon, quelques notions d'anglais sont utiles.

Cette application est très pratique pour noter sur le terrain les lectures de bagues. Une présentation en est faite aussi ici .

Prochaine sortie : 

Dimanche 12 avril, à 9h : parcours entre bocage et herbus. RDV au parking près de l'écomusée de Vains. Se garer au bout du parking, à l'opposé de l'écomusée.

Covoiturage possible à 8h30 place Carnot à Avranches




 Exploration d'un site de nid potentiel, dans un abri à chauve-souris cassé et retourné ...

Un arbre mort ; les champignons s'installent, décomposent le bois ; les insectes suivent ; les pics viennent régulièrement pour manger les insectes.

Après un bain de boue, les sangliers se frottent sur la base de ce tronc.
 

 

dimanche 18 janvier 2026

Avranches, le 18 janvier 2026

 Au Jardin des Plantes d'Avranches, le dimanche 18 janvier 2026


    Thème du jour : la préparation au Grand Comptage des Oiseaux des Jardins ! Ce thème a attiré du monde : nous étions 37 participants. Nous avons fait deux groupes pour permettre à chacun de mieux entendre les explications.


    Ce grand comptage est une opération qui se réalise chaque année, au dernier weekend de janvier. C’est une étude sur le long terme, basée sur la science participative : le plus grand nombre peut participer. C’est la quantité de données qui permet d’établir des tendances de fond sur l’évolution des populations des oiseaux communs.
    À l’origine, cette étude a été créée au Royaume Uni par la RSPB. En France, c’est le GONm qui l’a initiée, suivi par Bretagne Vivante et étendue enfin à tout l’hexagone, avec la participation de diverses structures, dont la LPO.
    Le principe est assez simple :

Mésange bleue
1/  définir le lieu d’observations
2/  observer et noter durant une heure tous les oiseaux posés
3/  retenir pour chaque espèce le nombre maximal d’individus vus en même temps
4/ envoyer les résultats à   https://gcoj.gonm.org/


    Aujourd’hui, au jardin des plantes d’Avranches, les conditions d’observations sont très bonnes : ici, les oiseaux sont habitués à la présence humaine ; le temps doux encourage les chanteurs ; la ville, ce matin, est moins bruyante qu’en semaine. Nous avons expérimenté le protocole de comptage sur 30 minutes, et voici le résultat d’un groupe :

Rougegorge
merle noir : 3
accenteur mouchet : 1
grive musicienne : 1
pigeon ramier : 4
choucas des tours : 1
mésange bleue : 3
tourterelle turque : 1
rouge-gorge familier : 1
pinson des arbres : 1
mésange charbonnière : 1

    Auquel s’ajoute un roitelet, mais nous n’avons pas pu dire à laquelle des deux espèces il appartient.
Le corbeau freux a survolé le jardin, nous ne le comptons pas ; le pic épeiche tambourine, mais à l’extérieur de notre secteur.

    Ensuite, nous avons poursuivi nos observations, sans les intégrer à notre comptage. Ce qui a été marquant, c’est la quantité de rougegorges chanteurs. Cela s’explique par le fait qu’en hiver chaque individu, mâle ou femelle, défend son territoire en chantant. Chaque territoire est très petit. En fin d’hiver, les oiseaux actuels partiront vers le nord, remplacés par les nicheurs qui à nouveau défendront un territoire pour le couple.

    Vers la ferme du Petit Changeons, des tarins des aulnes : ces petits granivores, grégaires, se nourrissent de petites graines de bouleau, d’aulne. On les rencontre souvent le long des cours d’eau. Ici, c’est un hivernant, absent chez nous d’avril à septembre.


    Un nid de pigeon ramier abandonné surprend : presque transparent tellement les brindilles sont peu nombreuses, il a pourtant résisté à la dernière tempête, car la construction est soigneuse.

Corbeaux freux

    Dans la prairie en contre-bas du jardin des plantes, une belle troupe de corbeaux freux vient se nourrir. Ils nichent en colonie dans le jardin de l’Évêché et recherchent leur nourriture en-dehors de la ville. Les mouettes rieuses se nourrissent de lombrics.

Mouettes rieuses

    Dans le gui d’un pommier, des cris : « Tac ! Tac ! » signalent la présence d’une fauvette à tête noire. Ce frugivore survit en hiver grâce aux petites boules blanches de ce semi-parasite.
    La sittelle torchepot, recherchée par un groupe, a été vue par l’autre ! Ce passereau grimpeur a besoin dans son grand territoire de grands arbres, de noisetiers et de trous pour nicher.

Choucas des tours

    Un discret grimpereau crie un peu, mais reste caché dans des résineux. Cela nous montre l’intérêt de savoir reconnaître les oiseaux à l’oreille. La technologie peut y aider, mais attention à ne pas faire confiance aveuglément aux applications comme Merlin bird ou Birdnet. Ce sont des aides, comme un livre de détermination peut l’être, mais il nous faut tenir compte de l’époque, du milieu, de la région, pour valider une détermination proposée.

    Durant les 24 et 25 janvier, prenez le temps de participer à cette opération, et envoyez vos résultats à https://gcoj.gonm.org/ .

La corneille maintient sa nourriture d'une patte.

Texte et photos : Thierry Grandguillot

 

Pigeon ramier