dimanche 11 janvier 2015

Saint-Martin-des-Champs

Rendez-vous manqué avec l'alouette lulu


  11 personnes ont participé à cette première sortie de l’année 2015 par un temps frais bien de saison agrémenté d’un petit vent de Nord ouest.

  Au départ du bourg de Saint-Martin des Champs, nous avons entendu les premiers chanteurs de l’année tels que la grive draine au chant mélancolique, le rouge gorge familier et la tourterelle turque.
En prenant la route des Chéris, nous entendons également chanter les mésanges bleues et charbonnières, défendant leur territoire. La grive musicienne est observée au sommet d’un arbre et le pic épeiche tambourine.
Arrivés sur le site de l’alouette lulu, nous trouvons une parcelle ensemencée de blé d’hiver donc peu propice à l’espèce qui préfère nettement les chaumes.
Une cavité de pic épeiche étonnamment basse dans un verger haute tige

  Ne souhaitant pas piétiner le semis, nous empruntons le sentier qui  borde la parcelle. Dans la culture de moutarde de la parcelle voisine nous entendons au moins 2 pouillots véloces ainsi qu’un accenteur mouchet. Dans un buisson d’aubépine nous dérangeons un troglodyte mignon qui alarme avant de l’éloigner.
Quittant le sentier, nous longeons une grande haie de thuyas non taillés dont la présence est étonnante en pleine campagne mais qui semble attractive pour la faune sauvage.
Une partie du groupe devant une haie de vieux thuyas (en plein bocage...)

  Dans cette haie, nous faisons décoller de nombreux pigeons ramiers et identifions des pinsons des arbres, quelques roitelets huppés et surprenons même un lièvre.

  Un peu plus loin nous observons 2/3 pipits farlouses, 1 bergeronnette grise et 1 grive mauvis.
De la taille de la grive musicienne, elle se reconnaît facilement grâce à son sourcil blanchâtre et à sa tache rouille sur le flanc. Elle hiverne dans nos contrées et se nourrit de fruits oubliés dans les vergers et de baies sauvages.

  Juste après, un faucon crécerelle décolle et se dirige vers le bourg. D’un taille de 31 à 37 cm, il se reconnaît à ses ailes pointues et à son vol stationnaire dit « Saint Esprit » dont il est le seul à maîtriser la technique.
N’ayant pu observer l’oiseau recherché , nous prenons la direction de la vallée de la Bourdonnière. En chemin nous observons le verdier, le moineau domestique, le merle noir et une buse variable en vol au-dessus de la rue de la Baie.

En cherchant  bien, on trouve un moineau posé devant un mur de pierre riche en cavités potentielles pour ce nicheur des anciens murs de fermes

  La vallée de la Bourdonnière, propriété de la commune de Saint-Martin des Champs est un refuge du GONm qui s’étend sur 9 hectares. En 2 ans 56 espèces d’oiseaux y ont été identifiées parmi lesquelles beaucoup d’arboricoles dont plusieurs figurant sur la liste des oiseaux menacés de Basse Normandie.
A notre arrivée sur le site, nous entendons le chant discret du grimpereau des jardins  et le cri du geai des chênes.
Un des sentiers du blaireau de la vallée de la Bourdonnière

  Autres espèces contactées au cours de cette sortie : choucas des tours, goéland argenté, pie bavarde, corbeau freux, étourneau sansonnet et mouette rieuse.
Soit 31 espèces au total.

Prochaine sortie le dimanche 15 février à Saint Brice sous Avranches (RDV à 9h30)

dimanche 14 décembre 2014

Au parcours de santé

Sortie au parcours santé du Val-Saint-Père

Merle noir au lever du soleil
Petit jeu : retrouvez le nom de chaque oiseau photographié pendant notre sortie !
Nous étions 11 participants à cette dernière sortie de l’année 2014, en ce dimanche au temps d’hiver.
La gelée blanche recouvre le sol et il faut être vigilant pour ne pas glisser sur les plaques de verglas. Ce temps de saison est favorable à l’observation des oiseaux grâce à une bonne luminosité mais, par contre, ils ne sont pas très loquaces trop occupés à rechercher leur nourriture.
Mésange bleue

Le parcours, situé sur la commune du Val Saint Père est bordé de grandes propriétés entourées de parcs plantés de vieux arbres feuillus et résineux et de haies favorables aux espèces arboricoles.
Ainsi, nous avons observés 3 espèces de mésanges : la charbonnière dont 2 mâles chanteurs, la bleue et la longue queue.
Pigeon ramier

Autres espèces arboricoles entendues : le grimpereau des jardins (chanteur) et la sittelle torchepot, le pic épeiche que nous avons entendu tambouriner 1 fois soit  2 semaines plus tôt que d’habitude et le pic vert.
Les corvidés sont aussi bien représentés dans le secteur : le geai des chênes, la pie bavarde et la corneille noire, par contre le choucas des tours et le corbeau freux n’ont été notés qu’en vol.
Buse variable

Dans un buisson bordant le chemin creux, un pouillot véloce a été vu et entendu (cris), l’espèce est maintenant un hivernant assez commun sur la frange littorale à cause du réchauffement climatique.
Un pigeon ramier « local » a chanté timidement, mais nous en avons également vu une troupe d’environ 150 individus arriver du nord ouest suite à des tirs de chasseurs et ils se sont posés dans les arbres du parc du bois Guérin, les dimanches d’hiver ne sont pas de tout repos pour ces hivernants !
Corneille noire

Lors de notre périple, nous avons repéré plusieurs espèces fréquentant les buissons :
L’accenteur mouchet, le troglodyte mignon, le merle noir, le rouge gorge qui chantait timidement ainsi que quelques roitelets difficiles à identifier (huppé ou triple bandeau ?)

Une seule espèce de rapace a été observée : la buse variable dans le parc du Bois Guérin.
Les granivores tels que le pinson des arbres, le verdier, la linotte mélodieuse et le chardonneret ont été identifiés malgré leur discrétion.
Pie bavarde

Autres espèces présentes : l’étourneau sansonnet, la bergeronnette grise, la pie en fin de parcours et le goéland argenté dont 1 ind nous a survolé, probablement en route vers le centre d’enfouissement des ordures ménagères d’Isigny le Buat.



Un écureuil a joué à cache cache avec nous au sommet d’un arbre d’où il ne pouvait fuir car nous étions au pied.
Au total, ce sont 28 espèces que nous avons recensées au cours de ce périple de 2 heures.
Nichoir pour une chouette chevêche

Cette richesse nous permet d’imaginer quelle était la biodiversité de notre bocage avant que celui-ci ne soit irrémédiablement appauvri par les remembrements réalisés dans les années 1960/1970.

Prochaine sortie le dimanche 11 janvier 2015 :

A la recherche de l’alouette lulu

RDV à 9h30 parking de l’église de Saint Martin des Champs
(prévoir les bottes)

Réponse au petit jeu : en surlignant la légende sous chaque photo, vous verrez apparaître le nom de l'oiseau ! Vous pouvez agrandir les photos en cliquant.
Pour le plaisir ...

Toujours la même !







samedi 29 novembre 2014

Samedi 29 novembre 2014 à Saint Ovin

Saint-Ovin : un petit tour imprévu sur les chaumes !


  Nous étions 10 à participer à cet « exercice de communication » monté en urgence : l’objectif était de créer une occasion de proposer une information à la presse locale. Suite à rechercher dans les titres du sud Manche !
Entre les tiges de blé moissonné, les taches vertes des adventices.

  Au sommaire du dernier numéro de la revue du GONm (Le Cormoran n°78), un article sur les oiseaux des chaumes attire l’attention : certains passereaux sont très attachés aux sols cultivés. Ce n’est pas en soi une découverte, l’alouette des champs n’habite pas le bocage trop morcelé par les haies, elle est par contre fréquente dans la plaine. Ce qui est par contre instructif, c’est la mesure de la préférence de l’espèce pour les parcelles couvertes d’adventices, ces plantes sauvages qui se développent rapidement après la moisson, fleurissent vite et portent des graines en quelques mois. « Adventices » est le qualificatif (à connotation négative) employé en agriculture pour désigner les plantes qui poussent sur les sols cultivés (les « mauvaises herbes » du jardin par exemple). Certaines sont des « messicoles », très liées aux cultures de céréales.
Pour illustrer ce rapport des granivores aux chaumes, il fallait trouver la bonne parcelle...Pas facile! La réglementation agricole oblige les agriculteurs à semer « un couvert hivernal » (moutarde, phacélie, ray-grass...) quand ils n’envisagent pas de semer une culture d’hiver (par exemple du blé qui sera moissonné en fin de printemps.) Ce semis est destiné à freiner l’érosion due au ruissellement sur des terres nues et à pomper l’excédent de nitrates laissé par la culture précédente. On a ainsi des CIPAN, nom officiel des « cultures intermédiaires pompes à nitrates. »
Le désherbage chimique probablement minimal de la culture de blé
 a permis à de nombreuses plantes sauvages de pousser:
 les laiterons atteignent une belle taille !

  Ces bonnes intentions environnementales sont un excellent exemple de mesures qui se retournent contre la nature, contre la biodiversité : le travail du sol et les semis denses empêchent la flore des chaumes de se développer, privant les oiseaux granivores de nourriture en cours d’hiver, au moment où les grandes bandes d’hivernants venus du nord et de l’est de l’Europe ont besoin de ces graines.
Pour médiatiser localement cette question, une parcelle de chaume de blé restée tardivement en l’état pour cause de météo défavorable a servi de terrain « d’exercice » : samedi 29 novembre après-midi, une dizaine d’adhérents se sont retrouvés sur un champ de 15 ha à Saint-Ovin pour compter les oiseaux et reconnaître quelques plantes typiques de cet habitat. Le labour débutant a un peu diminué la portée de l’expérience (il y avait donc urgence à passer jumelles au cou...)
Comme au jardin, le pâturin est la "mauvaise herbe" la plus banale 
mais aussi une des plus attractives pour les granivores.

  Un comptage plus complet de 30 minutes avait été réalisé la veille, la charrue n’étant pas encore à l’œuvre : les espèces attendues sont là, même si les effectifs sont réduits (il n’y a pas encore eu le « coup de froid » qui va pousser les oiseaux venus du nord à descendre.) Alouette des champs (2), linotte mélodieuse (37), bruant jaune (7), pipit farlouse (11), bruant zizi (1 ; 2 le lendemain), grive musicienne (13) sans compter le faucon crécerelle, le pigeon ramier (260) sont levés sur les 15 ha. La partie labourée attire environ 200 mouette rieuses (sans compter les nouvelles arrivantes) et des bergeronnettes grises, deux espèces qui n’étaient pas présentes la veille sur les chaumes non retournés.
Pour limiter le ruissellement en surface, un simple travail superficiel en travers de la pente suffirait à retenir l'eau; la croissance des adventices au cours de l'hiver serait une bonne pompe à sels minéraux excédentaires et les granivores auraient table mise...

  Pour mémoire, la linotte et le bruant jaune sont présents sur la liste rouge des hivernants en danger en Basse-Normandie. L’enquête Tendances montre que le bruant jaune a régressé sur 2/3 des relevés depuis 1996, la linotte sur 1/2, l’alouette des champs sur 1/3. À l’échelle européenne, les résultats des enquêtes standardisées vont dans le même sens : depuis 1980, le pipit farlouse a régressé de 68%, le linotte de 63%, l’alouette des champs de 50%, etc ...

  Notre petit tour dans la parcelle apporte un exemple de réponse à la question : quelle explication donner à la disparition de 400 millions d’oiseaux d’espèces communes en 30 ans en Europe ?... Le bilan publié dans la presse début novembre met en cause les méthodes modernes d’agriculture et la disparition des habitats. Notre région bocagère a déjà connu l’arasement des haies. Le remplacement de la prairie par les cultures est une autre révolution.
Un des vieux chênes témoins de l'ancien parcellaire 
(c'est  là que se réfugient pigeons et grives chassés des chaumes)
En arrière, la ligne d'aulnes marque le cours du ruisseau. 
Plus loin, la jeune haie à "répartition rythmée des couleurs" est typique des jeunes replantations.

  D’autres oiseaux liés au bocage et entendus : le pouillot véloce (chanteur !), le geai des chênes, le pic épeiche, l’étourneau, le merle.
Quelques plantes reconnues dans la parcelle (sans nommer les espèces) : laiteron, pissenlit, matricaire, pâturin, épilobe, chénopode, violette, pâquerette, digitale, porcelle, cirse, plantain, scrofulaire, vergerette, marguerite, renouée, fumeterre, géranium, morelle, millepertuis, véronique, jonc, mouron rouge, séneçon, cardamine, saule, etc...

  Nous remercions Monsieur J-P Jouvin (Cheval Plaisir, le Champ du Genêt, Saint-Senier) qui nous a autorisé à circuler sur sa propriété.

Texte et photos J Collette

Les "chômeurs" (amateurs des chaumes !) d'aujourd'hui.
Pour en savoir plus :
Collette J. & Lang B. (2013) – Les oiseaux des sols cultivés en Normandie : 2e partie : l’enquête « chaumes ». Le Cormoran, 19 : 95-108.
Taper dans un moteur de recherche : Population trends of common European breeding birds 2013. CSO, Prague

article de La Manche Libre du 6 décembre 2014 (cliquer pour lire)









dimanche 16 novembre 2014

Salon bio de Pontorson, 16 novembre 2014

  Le Groupe Ornithologique Normand a tenu un stand, comme chaque année, au salon bio de Pontorson, ce qui est une occasion de rencontrer de nombreuses personnes que nous connaissons déjà, et bien sûr de faire connaissance avec de nouvelles personnes intéressées par l'ornithologie. Le nouveau matériel : banderole et affiche déroulante ont bien mis en valeur le stand.

   A 14h30, nous proposions une animation qui a intéressé environ 25 personnes. Nous sommes allés à l'anse de Moidrey. Auprès de l'aire de stationnement, ce sont des passereaux qui se sont montrés : le troglodyte chante à notre arrivée, l'herbe rase est fréquentée par le pinson des arbres, le pipit farlouse et la bergeronnette grise. Des chardonnerets vont de la prairie aux arbres. Des grives mauvis sont déjà arrivées pour l'hiver. Cette petite grive au sourcil blanc fréquente les vergers, à la recherche de pommes tombées. Elle vit en petites troupes, nous en apercevons qui se posent dans les peupliers. Des étourneaux sansonnets passent aussi.
Mouettes rieuses et vanneaux huppés

  En rejoignant le bord du Couësnon, ce sont les oiseaux d'eau qui se montrent. L'anse de Moidrey n'est pas chassée, les oiseaux qui sont habitués à voir passer des promeneurs sur le chemin ne se soucient pas de notre présence.
Posés puis en vol, des vanneaux huppés et des mouettes rieuses sont bien visibles. Une dizaine de poules d'eau arpentent les zones de tangue. Les canards colverts nagent en pleine eau.
Lorsqu'un épervier passe, tous les oiseaux du bord de l'eau s'envolent, car ils craignent ce chasseur habile. De la même taille que le faucon crécerelle, l'épervier est beaucoup plus discret, nous avons eu de la chance !
Poule d'eau et chevaliers arlequins

  Sur la rive opposée, une sarcelle d'hiver et deux chevaliers arlequins se laissent observer longuement. Un busard (probablement un busard des roseaux) louvoie au-dessus des criches aménagées pour servir de réservoir à marée dans le cadre du désensablement du Mont Saint Michel. Le busard est un rapace très léger, dont le vol avec les ailes en V est typique. Il n'est pas un très bon chasseur, il préfère capturer des proies peu rapides, surprises au sol dans des terrains découverts.
  Deux espèces de hérons fréquentent l'endroit : le héron cendré, que nous voyons posé, immobile, dans l'herbe et l'aigrette garzette, petit héron blanc très actif, qui passe d'une rive à l'autre.
Héron cendré à l'affût

  Le tadorne est un grand canard marin très blanc. Il remonte un peu nos fleuves côtiers. Ce canard protégé niche préférentiellement dans des terriers car sa couleur le rendrait très repérable s'il nichait à découvert.
  Le grand cormoran remonte le Couësnon pour pêcher, il rejoint ses dortoirs (Tombelaine, par exemple) chaque soir.
  Dans les peupliers, quelques corbeaux freux se perchent. Ils sont plus grégaires que la corneille noire. Une de leurs colonies se trouve près du parking du Mont.

Sarcelle d'hiver (un mâle)

  Quelques autres oiseaux sont vus ou entendus : la bouscarle de Cetti, une discrète fauvette des roseaux ; la mésange bleue ; le pigeon ramier ; la tourterelle turque ; la pie ; le chevalier culblanc.
En tout, 27 espèces en peu de temps, l'endroit vaut le détour !

Thierry Grandguillot



Corbeau freux
Vanneaux et mouettes rieuses en vol




cliquez sur les photos pour les agrandir