dimanche 2 avril 2017

Les oiseaux de la ferme de Fumeçon à Ponts sous Avranches


La corbeautière de Ponts
    Le rendez-vous au parking du supermarché local nous voit 26 réunis ce dimanche. Le concert des corbeaux freux (environ 30 couples) perchés sur les peupliers ne gêne pas la grive draine qui chante haut perchée à proximité ! Direction, la ferme de Fumeçon...

Choucas des tours sur un site de nid.
    Nous entendons d’autres draines chanter au cours de la matinée, question de date... Car le printemps est bien là : non seulement les chanteurs sont nombreux mais quelques observations vont plus loin dans l’illustration des comportements liés à la saison de reproduction.

Grive draine en train de chanter.
    Le grimpereau des jardins transportant des herbes jusqu’à la fente située entre deux cheminées accolées n’est pas discret ; heureusement car ce site de nid est un peu inhabituel pour un oiseau plutôt lié aux vieux arbres.

Le grimpereau sur sa cheminée.
    Quelques autres nids sont visibles : la plate forme du pigeon ramier dans les aubépines mêlées de lierre, le nid très haut perché des pies. Concernant cette espèce, la lutte au sol de 3 pies traduit la compétition actuelle pour l’espace réservé au territoire par chaque couple. En général, quand un mâle chanteur veut signaler aux voisins les limites de « sa » propriété, il a intérêt à chanter le plus haut possible ! La mésange bleue à l’arrivée à la ferme ainsi que la grive draine du parking en font la démonstration... Le pic épeiche utilise la résonance du bois mort pour jouer du tam-tam : le tambourinage est aussi une méthode de communication efficace.

Ce vieux chêne abrite une colonie d'abeilles.
    Notre parcours longe les haies de la ferme. Certains arbres sont très âgés et ceux taillés en têtards – chênes et frênes surtout - sont remarquables. L’un d’eux abrite une ruche sauvage. Les mésanges bleues et charbonnières ont intérêt à s’installer dans d’autres cavités !

    Mais les arbres ne sont pas nécessaires à toutes les espèces. Le troglodyte circule le long des hauts talus de la route enfoncée sur l’ancien tracé des chemins creux du bocage ; l’accenteur mouchet chante perché sur un maigre roncier avant d’aller se poser au milieu du champ de colza. Encore plus typique, l’hirondelle rustique qui circule en chantant au-dessus de l’étable occupera les poutres du bâtiment quand la femelle sera arrivée à son tour.

Nids d'hirondelle rustique.
    Un ruisseau passe en bas de la pente bordée de zones humides où la prêle et l’angélique sylvestre commencent à poindre. Une bécassine des marais posée sur la prairie est ici de passage : la migration de printemps fait remonter les derniers hivernants vers les marais où ils nicheront. La bergeronnette des ruisseaux crie à proximité : si un couple est là, la femelle couve probablement déjà !

    Il y aurait beaucoup d’autres faits à rapporter : les fourmis des bois réunies « du bon côté » du talus pour se réchauffer, les coprins si chevelus quand ils sont jeunes avec leur chapeau couvert d’écailles avant de pleurer des larmes d’encre noire plus tard, le beau buisson de « Petit houx », le fragon typique des très vieux talus du bocage, les feuilles naissantes de la bourdaine qui feront les délices des chenilles du Citron plus tard en saison, le bourdon qui butine les fleurs du lamier pourpre, les latrines du blaireau où il dépose ses excréments...

Le blaireau creuse ses latrines.
    En fin de visite, un gros insecte, le Méloé, est trouvé : sa larve est un parasite des abeilles solitaires.


    Enfin, des bribes d'un chant sonore, roulé, nous surprennent : un rossignol ? Après une minute de ces petits bouts répétés, on entend une fauvette à tête noire. On peut penser que celle-ci imitait le rossignol, qui est rare chez nous.
    Nous remercions Monsieur et Madame Crase qui nous ont autorisés à circuler sur leur ferme sous la conduite de notre collègue Sébastien qui établi la liste des espèces notées au cours de la sortie.


Au leader price, on a vu
    la grive graine
    le corbeau freux
    le moineau
    le chardonneret
    le choucas des tours
    le pinson des arbres

à la ferme, on a vu

    l'hirondelle rustique
    la fauvette à tête noire
    le pouillot véloce
    l'accenteur
    la mésange bleue
    le pigeon ramier(construction d'un nid)
    le rouge-gorge
    le troglodyte
    le pigeon biset
    la pie bavarde
    le grimpereau des jardins
    le pic épeiche
    la mésange charbonnière
    la corneille noire
    la grive musicienne
    le geai des chênes
    le merle noir
    l'étourneau sansonnet
    la bécassine des marais
    le pouillot fitis
    la bergeronnette des ruisseaux

Texte : Jean Collette
Liste : Sébastien Crase
Photos : Thierry Grandguillot

   ... et puis, pour le plaisir, trois âges du coprin chevelu :





jeudi 23 mars 2017

La Belangerie à la Rochelle Normande


Lors de la participation du GONm à la rencontre "plantations de haies" organisée par la Chambre d'agriculture le 10 mars à la Rochelle Normande/50, ferme de la Bélangerie, la découverte d'un frêne têtard remarquable a été l'occasion de remettre en lumière ces monuments régionaux que sont les vieux têtards. Une sortie sur la ferme de Jean et Marie-Jo Mésenge a été organisée par le GONm avec leur accord le 23 mars. Nous avons donc fait (ou tenté vu nos conversations nourries!) un relevé des oiseaux des haies dont certaines sont récentes (1 km planté il y a 15 ans) puis invité la presse à nous rejoindre pour mettre à l'honneur les têtards ainsi que les agriculteurs héritiers soigneux de ces arbres qui nécessitent un entretien par coupe tous les 10 ans environ. Un petit souvenir sous forme de photos de pics a été remis à Jean et Marie-Jo. Trois journalistes ont répondu à l'invitation du GONm, des articles à venir mettront donc en lumière ce patrimoine bien menacé qui régresse chaque hiver un peu plus : coupé au pied, le vieux tronc ne rejettera plus de souche comme il le faisait en tête depuis 150, 200 ans ou plus...

Au cours du déplacement de notre groupe, les oiseaux  sont notés en abréviation sur le plan et leur activité est symbolisée : ici, « ac » dans un cercle signifie qu’un accenteur mouchet chante à cet endroit, ac signifie que l’oiseau crie. Les mâles et les femelles crient, par contre seuls les mâles chantent : avec une méthode dite « des plans quadrillés » (ou « quadrat »), durant la période de reproduction, on peut donc compter sans trop d’erreur le nombre de couples nicheurs dans les haies du bocage. Pour d’autres espèces, il est plus simple de compter les nids occupés (par exemple pour les hirondelles).
photo GONm / Carl Gestin

 Le pic épeiche repéré grâce à son tambourinage.

           Groupement d’espèces par habitats
    Vu le peu de données, le classement des espèces tient ici un peu de l’exercice de style, cependant sans exprimer des conclusions erronées. Chaque espèce a des préférences quant à son habitat. Ici, l’accenteur qui est plus un oiseau des buissons que des arbres, se satisfait des plantations de la route d’accès sans arbres et de la haie du bord de route. Inversement, le pic épeiche ne saurait nicher dans cette haie vu son besoin d’arbres âgés pour creuser ses loges et chercher sa nourriture, ce qui ne l’empêchera pas d’aller gober des cerises dans le verger en été puis de glaner les noisettes des haies du bocage voisin. Le moineau est attaché aux bâtiments où il niche dans des cavités ou des charpentes et le chardonneret est considéré comme une espèce anthropophile au printemps, son nid n’est jamais loin de l’homme et de ses jardins et vergers.

Le troglodyte mignon, son chant est inversement proportionnel à sa taille ! (Photo GONm/Carl Ghestin)
    L’habitat du troglodyte est plus difficile à caractériser: il a besoin de  milieux bas et buissonnants, de cavités à flanc de talus, de rives de cours d’eau, mais des murs  de terre un peu défraichis de bâtiments ou un tas de bois font aussi l’affaire !
Pinson des arbres : la femelle ne porte pas le plumage coloré du mâle, mais la barre blanche sur l’aile reste typique. (Photo GONm/Carl Gestin)
Feuille de synthèse :

Jean Collette


dimanche 5 mars 2017

Avranches, le jardin des plantes et la Boutonnière

    L'atmosphère ventée et un peu menaçante n'a pas empêché 26 personnes de venir à notre sortie, dédiée d'une part au jardin des plantes et d'autre part à l'inauguration d'un nouveau Refuge Nature du GONm.

Le jardin des plantes d'Avranches


    Les choucas circulent entre les clochers de Notre-Dame et la campagne environnante, en s'arrêtant parfois dans les arbres du jardin des plantes. Sur les pelouses, des merles noirs viennent se nourrir. Le vent et la faible luminosité retiennent les oiseaux de chanter autant qu'un jour ensoleillé, mais nous entendons tout de même le chant de la mésange bleue, du troglodyte et de la grive musicienne.

    Près du gingko biloba, un accenteur mouchet chante longuement et nous laisse le temps de l'observer :
Cet oiseau discret ne monte à cette hauteur que pour chanter et passe le reste de son temps dans les branches basses et au sol, à la recherche d'insectes et de vermisseaux.

    Bien plus hautes, deux mésanges à longue queue se signalent par leur cris roulés :
Toujours en mouvement, elles doivent préparer actuellement leur nid, petit bijou à l'architecture complexe de mousse, fils d'araignées, crins, herbes sèches et autres douceurs. Ce nid sera bien caché derrière un feuillage épais de lierre, par exemple.

    Au jardin des plantes, qui est en Refuge Nature du GONm depuis un an, on garde lorsque la sécurité n'est pas en jeu les vieux arbres dont les cavités peuvent abriter les oiseaux cavernicoles. Ici, ce vieux tilleul protègera-t-il des mésanges charbonnières ou des sittelles torchepots ?
Si la cavité est assez grande, il peut même servir de nid à la chouette hulotte, présente dans la ville.

Le refuge de la Boutonnière

    Après une sortie un peu acrobatique du jardin des plantes, nous redescendons le chemin de la Boutonnière et nous rejoignons l'ancienne ferme de la Boutonnière. Françoise Loret, Daniel Quérel et leur fille Marie nous y accueillent. Remarquable, le verger en haute tige est régulièrement complété et fruitiers variés ; les moutons de la race Avranchin entretiennent le terrain, les ruches assurent la pollinisation ...
    Mangeoires et nichoirs montrent l'intérêt porté à la nature. A la maison d'habitation est associé depuis peu un gîte, et c'est ici qu'un café est proposé à chacun. Pendant que chacun se réchauffe, Jean Collette remet à Françoise, Daniel et Marie la plaque "Refuge de Nature" qui concrétise leur engagement.
Les journalistes prennent quelques photos et nous rejoignons notre point de départ.

  1. la grive musicienne
  2. le choucas
  3. l’accenteur
  4. le troglodyte
  5. la mésange bleue
  6. le grimpereau
  7. le merle
  8. la corneille
  9. la mésange charbonnière
  10. la sittelle
  11. la mésange à longue queue
  12. le pigeon ramier
  13. la pie
  14. le rouge-gorge
  15. le pinson
  16. le goéland argenté.
  17. le moineau domestique

Textes et photos Thierry Grandguillot
Liste Sébastien Crase



dimanche 12 février 2017

Le Gué de l'épine au Val Saint-Père

Le froid renforcé par une bise d'est insistante n'a pas rebuté les observateurs, ce matin. Nous étions 30 ; enfin, au moment où j'ai compté, car entre ceux qui sont arrivés en cours de matinée et ceux qui sont morts de froid tout au long de notre chemin ... !

Voici, un peu en désordre, les observations marquantes. Ce sera plus un reportage-photos qu'un véritable compte-rendu ! Vous pouvez agrandir les photos en les cliquant. Une liste complète suit.

La marée, haute avant notre arrivée, a rempli tout l'espace des grèves et redescend. Sur les vasières qui se découvrent, des oiseaux recherchent leur nourriture :

les tadornes de Belon (un groupe de 40, puis une dizaine dispersés). Ce gros canard est essentiellement marin et s'il est fréquent en baie, il ne niche qu'à de rares endroits. Il recherche alors des lieux très camouflés : terrier de lapin, creux sous un rocher ou sous des buissons bas très denses. En effet, le plumage très voyant des deux sexes ne lui permet pas  de couver à découvert. Le tadorne de la photo a-t-il les pattes pleines de vase ou a-t-il quelque chose d'accroché ?

Le courlis cendré, facilement grégaire, est ce matin solitaire. Son très long bec courbe est activement enfoncé à la recherche de vers de vase. Sur la photo, on peut comparer la corpulence du courlis et de la mouette rieuse.

Une bergeronnette grise se pose sur le bord de la rivière et nous permet de vérifier qu'il s'agit de la sous-espèce dite bergeronnette de Yarrell. Hivernante en Normandie, elle repartira bientôt vers les îles britanniques. On voit ici que son dos est en train de passer du gris foncé au noir. Un mâle donc.

Les laridés sont les classiques de la baie :

mouette rieuse dont le capuchon noir commence à apparaître (à gauche et au centre de la photo). En mars, elle quittera la baie pour aller nicher en eau douce ;

goéland argenté : ici, des adultes accompagnés de deux jeunes, des "grisards" ;

goéland marin au manteau noir ;

goéland brun, qu'on reconnaît au manteau moins sombre (mais attention à l'éclairage) et aux pattes jaune-orange.

Le grand spectacle nous a été offert par la troupe de 300 à 400 bernaches cravants. Habituellement, cette petite oie sibérienne ne vient pas si profondément dans l'estuaire, on la trouve plutôt sur les herbus de Vains, de Genêts ou devant Roz-sur-Couësnon en Ille-et-Vilaine.

Très mobiles, elles sont passées plusieurs fois devant nous.

Notre baie en héberge  environ 3 000 chaque hiver, avec des pics à 5 000 et parfois plus encore en mars, lorsque la migration de printemps bat son plein.

Entre la zone maritime et le bocage, peu d'oiseaux fréquentent les deux milieux.

La linotte mélodieuse, très grégaire, se nourrit de graines de l'herbu.

La corneille noire, omnivore, passe du poisson mort de la grève aux végétaux des champs sans problème.

Les rapaces aussi peuvent aller d'un milieu à l'autre : le faucon crécerelle et la buse variable sont vus sur les pré-salés de Céaux. Le rare hibou des marais, furtif, n'a pas pu être montré à tous.

Près des habitations, les populations sont moins exotiques : le pinson des arbres s'exerce à chanter, un peu maladroitement encore ; les verdiers fréquentent le jardin où il y a une mangeoire ;

la mésange bleue chante du haut de son arbre ;

le moineau domestique ne quitte pas les maisons ;

la tourterelle turque chante aussi.

Le long de la haie qui sépare l'herbu du bocage, une troupe de mésanges à longue queue.

Le pipit farlouse.

Enfin, des grands cormorans nous survolent, en plumage d'hiver

ou en plumage nuptial : le blanc du cou ne va pas durer, le blanc de la cuisse est visible plus longtemps.

Liste complète des oiseaux observés ce matin :
  1. le courlis cendré
  2. la mouette rieuse
  3. le faucon crécerelle
  4. le tadorne de Belon
  5. le goéland argenté
  6. le pinson des arbres
  7. la bernache cravant (300 à 400)
  8. la buse variable
  9. le hibou des marais
  10. l’étourneau sansonnet
  11. le grand cormoran (dont un en plumage nuptial)
  12. le moineau domestique
  13. la tourterelle turque
  14. la corneille noire
  15. la bergeronnette de Yarrell
  16. la mésange bleue
  17. l'aigrette garzette
  18. le goéland marin
  19. la mésange charbonnière
  20. le verdier (3 individus)
  21. le héron cendré
  22. la mésange à longue queue (6 individus dans une haie)
  23. la pie bavarde
  24. la linotte mélodieuse
  25. le merle noir
  26. le corbeau freux
  27. le goéland brun
  28. l'alouette des champs
  29. le pigeon biset
  30. l'accenteur mouchet
  31. le pipit farlouse
  32. le pigeon ramier
Texte : Thierry Grandguillot
Photos : Pascal Dadu, Claude Ruault, Thierry Grandguillot
Liste : Sébastien Crase

Prochaine sortie : 
Dimanche 5 mars : Oiseaux d'un parc urbain
Jardin des Plantes d'Avranches RDV à 9h30