dimanche 24 mai 2015

Sourdeval, la Fieffe aux Landelles

Le chemin bordé de haies très anciennes donne une ambiance forestière.


    La journée « Rencontres au jardin » organisée par Armelle et Philippe Botte dans leur propriété fut l’occasion de décentraliser l’animation mensuelle de l’Avranchin ce dimanche 24 mai. L’horaire et la distance ont un peu modifié la fréquentation habituelle à partir d’Avranches, mais nous nous sommes retrouvés à plus de 30 sur place ! Du coup, la sortie « oiseaux » s’est un peu transformée en « visite commentée du paysage et des oiseaux »...

Le sceau de Salomon, espèce de sous-bois.
    Le cadre s’y prête ! Outre le beau jardin, les parcelles de l’ancien bocage entretenues par les deux ânes (mais pas seulement, il faut aussi les bras de la maison...) offrent un beau panorama de l’histoire du bocage : haies, vergers, bosquets, ruisseaux, chemins, la bonde du vieil étang, les prairies maigres riches en plantes à fleurs, il y aurait beaucoup à raconter, autant sur le passé que sur le présent ; car l’équilibre est subtil entre pression d’entretien indispensable et place laissée à la nature « conquérante ». Le roncier guette en lisière, la fougère aigle est à l’affût, le massif d’ortie aussi.

La grande prairie présente une flore variée.
    Mais c’est justement sur les orties bien exposées que le paon du jour pondra ses œufs cet été ; c’est dans le roncier bordant les saules que les trois couples de fauvette des jardins ont trouvé leur bonheur... Le bocage du Sud-Manche est marqué par ses relations aux forts reliefs des collines : le remembrement et encore maintenant le regroupement des parcelles s’arrêtent là où le machinisme n’a pas de prise.

Terrier de grillon des champs et sa placette de chant.
    Les parcelles de Philippe sont de celles qui échappent à la banalisation ; elles ont conservé leurs haies, leurs pommiers, le ruisseau coule librement sous les saules. Quant à la gestion des espaces consacrés aux jardins d’ornement ou potager, elle est assez vertueuse pour afficher à l’entrée que l’entretien se passe de tout produit chimique. Et la pancarte « refuge  du GONm » trône en bonne place ! 

    Au cours du périple, le groupe a pu entendre (et plus rarement voir...) un échantillon de l’avifaune locale allant du moineau domestique à la fauvette à tête noire en passant par le gobemouche gris, l’accenteur mouchet, le pouillot véloce, le troglodyte, la fauvette des jardins, le pinson des arbres, la buse variable, etc. La liste complète est dressée par Sébastien en annexe. Comme à chaque fois en de telles circonstances (groupe important, néophytes, feuillages denses...), il est difficile de partager les observations, surtout quand l’oreille est plus indispensable que l’œil. Une participante avait apporté des pelotes d’effraie. Comme toujours, succès de curiosité assuré ; tout animateur devrait toujours avoir dans sa poche une pelote d’effraie ! Une poire pour la soif en quelque sorte...


    Merci à Armelle et Philippe pour leur accueil, à notre collègue Michel Noël qui avait préparé le terrain en balisant un circuit (qu’il a utilisé dans le cadre de ses animations « lecture du paysage » ensuite) et à tous les participants qui ont été assez conciliants pour suivre une animation « ornitho »... sans voir beaucoup d’oiseaux !
Nous décortiquons des pelotes de réjection. Que contiennent-elles ?

    Pour voir quelques photos du refuge  sur le forum du GONm : document 24 page 2 et document 143 page 8, fil des refuges à 
http://forum.gonm.org/viewtopic.php?f=12&t=571&hilit=refuges&start=140

Jean Collette
Les fruits cotonneux du saule sont utilisés par les oiseaux dans leurs nids.


Liste des oiseaux observés :
Le gobemouche gris
le moineau
le pinson
l'accenteur
la grive musicienne
la fauvette à tête noire
2 gobemouches gris
le merle
la fauvette des jardins
la tourterelle turque
le pouillot véloce
le pigeon ramier
la buse variable
le rouge gorge
le troglo
la corneille
la mésange charbonnière.

Sébastien Crase

Voici une présentation de la partie jardinée de la propriété :
http://www.cotentincotejardins.com/pages/nos-jardins-de-l-avranchin-de-granville-a-sourdeval/jardin-n-34.html
... avec un petit diaporama sympa !

dimanche 26 avril 2015

La vallée de la Sée


Partant du salon de la pêche, nous sommes 21 à affronter bravement un crachin printanier. Dans le bourg de Saint-Jean-de-la-Haize, les oiseaux liés aux bâtiments chantent un peu :

Le rougequeue noir est un oiseau originaire de la montagne. Depuis le 19ème siècle, il colonise les villes dans lesquelles il recherche la pierre. Le clocher de Saint-Jean se rapproche pour lui des falaises de son habitat d'origine.

La grive musicienne chante, les choucas fréquentent les cheminées, le pinson, la pie, l'accenteur et le merle noir fréquentent les jardins. Au retour, nous ajoutons à notre liste le verdier.

En passant la rivière sur la passerelle, nous entrons dans un bocage humide (très humide aujourd'hui !). Dans les arbres qui se couvrent de jeunes feuilles, le pouillot véloce, le troglodyte, la fauvette à tête noire chantent et se répondent. La mésange charbonnière, la mésange bleue et la mésange à longue queue s'accrochent dans tous les sens. Des pigeons ramiers , dérangés, s'envolent.

Le pic épeiche profite des peupliers dont les souches pourrissent rapidement : elles sont habitées de nombreux insectes, nourriture pour le pic. La grive draine est entendue, au loin.

Les choucas de Saint-Jean croisent ceux d'Avranches qui viennent se nourrir dans les prairies ou comme ici dans un champ de maïs récolté à l'automne dernier. Une aberration, ce champ : Un labour dans le lit majeur de la Sée, avec beaucoup d'intrants : Les adventices habituellement présentes dans les chaumes sont ici rares, ce qui indique un fort dosage de désherbant dans la saison précédente.

Les arbres abritent aussi la corneille noire, le discret bouvreuil pivoine que nous avons un peu entendu crier. Dans les plus grands peupliers, un grimpereau des jardins crie aussi. Une tourterelle turque se pose de l'autre côté de la rivière.

Les espèces directement liées à l'eau se montrent peu : 2 canards colverts sont dérangés par des kayakistes, 2 tadornes de Belon, en provenance de la baie remontent la vallée, des goélands argentés vont probablement jusqu'à Cuves se nourrir dans les déchets et cerise sur le gâteau, 2 grandes aigrettes rament lentement dans le ciel, alors que nous rejoignons les voitures.

Sur les rives de tangue, nous relevons les traces de mammifères : le ragondin, abondant, laisse de grosses empreintes, on voit même parfois la trace de sa queue ; plus haut passe le blaireau.

Prochain rendez-vous le dimanche 24 mai : jardin et bocage du Mortainais à Sourdeval, à la Fieffe aux Landelles. Covoiturage possible à 9h30 place du jardin des plantes, ou 9h45 à l'école de Tirepied.

Thierry Grandguillot


La vallée de la Sée : des zones humides dans un espace agricole

Avec ses 68 km de cours, la Sée est un petit fleuve côtier. Les statistiques indiquent 1 100 ha de zones inondables : c’est le lit majeur, là où s’épandent les eaux des crues lors des inondations. En réalité, il y a deux familles de paysages à l’intérieur de ces zones inondables : soit le petit bocage traditionnel hérité des années 1950, soit les grandes parcelles ouvertes.

Dans le premier cas (peu répandu maintenant), les oiseaux des haies sont dominants, avec cependant des nuances importantes par rapport au bocage « sec ». Par exemple, des migrateurs vont circuler dans ces haies en attendant de rejoindre les marais où ils vont nicher : ainsi, le phragmite des joncs chante au passage dans les haies. Ou encore, la poule d’eau va profiter des haies inondées pour remonter dans les champs loin du fleuve. 

Quand les parcelles sont très ouvertes, d’autres espèces passent et se posent : les vanneaux, les goélands, les mouettes, les oies...

Le fleuve lui-même retient peu d’espèces caractéristiques : la bergeronnette des ruisseaux sur le cours amont rapide et les affluents, le martin-pêcheur, la poule d’eau. Le canard colvert stationne sur les tronçons bien couverts par les saules, le grand cormoran pêche en eau assez profonde.

Mais ce sont les rives et leur végétation qui sont les plus riches. L’aulne et le saule sont les deux essences les plus courantes. Le premier régresse sous l’effet d’une maladie provoquée par un champignon ; c’était pourtant un constituant important de cette haie de rive que les spécialistes appelle « la ripisylve ». Les tarins, les mésanges, les chardonnerets, etc consomment tout l’hiver les graines de cet arbre. Les saules constituent maintenant l’essentiel du boisement. Cette essence pose un problème : elle a tendance à s’écrouler sur l’eau, provoquant des embâcles, barrages naturels d’obstacles flottant. Pour le naturaliste, ces obstacles ne sont pas un problème (il en faut plus pour arrêter un saumon qui remonte !) Pour d’autres utilisateurs, le passage est bloqué...

Il faudrait replacer la question de l’entretien dans un contexte plus large incluant nos besoins en eau (la nappe sous le lit majeur joue un rôle non négligeable dans le débit du fleuve), la lutte contre les dégâts aux biens (et non la lutte contre les inondations !), le respect du lit du fleuve et de sa dynamique (les méandres évoluent naturellement), et enfin les autres usages (pêche, navigation...)

Globalement, l’avifaune de la vallée s’appauvrit depuis 20 ans. Certaines espèces qui nichaient par exemple dans les prés de l’hôpital ont disparu (alouette des champs, pipit farlouse...) Au passage, les limicoles (petits « échassiers ») se font plus rares (régression de 65 % de l’ensemble des données pour les chevalier cul-blanc, le guignette, la bécassine...) Les espèces des prairies humides ont partout disparu ou fortement régressé. Sur plus de 1 000 relevés depuis 1995 à Tirepied, le bruant des roseaux a reculé de 87 % dans les comptages de la basse vallée, la bécassine des marais de 75 %, le phragmite des joncs de 64 %... La vallée n’est pas seule en cause, mais les habitats qu’elle offre maintenant aux oiseaux sauvages se sont considérablement appauvris, en particulier sous l’effet des mutations de l’agriculture. Même des parcelles en zone inondable sont maintenant labourées...

Jean Collette



dimanche 8 mars 2015

Atelier d'initiation à l'ornithologie, 3/3

    Troisième et dernier acte de la série de trois ateliers de découverte des oiseaux. Le dimanche 8 mars, avec encore une météo clémente, un petit groupe de dix personnes guidé par Jean Collette, a sillonné la Ferme du Petit Changeons à la rencontre de nos amis à plumes. Certains sont attendus : J’espère qu’on reverra la Sitelle, s’enthousiasme Enora.

    Reconnaître un oiseau ne passe pas forcément par son physique ou son chant. Le type de vol est un indice important. Le Pigeon et le Pic par exemple battent tous les deux des ailes par intermittence mais ont des vols très différents, précise Jean alors que nous observons un Pigeon ramier autour du château.
Le merle noir

    Les tours du château abritent également tout un groupe de Choucas des tours, pas toujours faciles à distinguer, pour un œil débutant, des autres corvidés à la couleur foncée… C’est celui que je trouve le plus joli avec sa nuque grise, confie Marie-Hélène.

    Dans les champs, quelques oiseaux noirs eux aussi parcourent les prairies à la recherche de nourriture. Ce sont des merles ? interroge quelqu’un.  Plumage sombre et bec jaune, ça pourrait coller mais ces oiseaux marchent et ne sautillent pas : ce sont des étourneaux, explique Jean.

    Un peu plus au loin, sur le mur d’enceinte, nous apercevons un Geai des chênes et pouvons observer son plumage particulier aux jumelles. Un Accenteur mouchet semble lui aussi prendre la pose pour que nous puissions l’observer à loisir.

    Dans le sous-bois, nous entendons un certain nombre de chants sans pouvoir toujours apercevoir les chanteurs. C’est dommage, je trouve plus facile à mémoriser un chant quand on peut l’associer à l’oiseau, glisse Kévin en entendant le Grimpereau des jardins.

    Ce jour-là, nous n’avons pas vu la Sitelle mais nous avons bien entendu son sifflement caractéristique. Nous pouvons ainsi dresser une liste d’une quinzaine d’espèces observées ou entendues :
la Mésange charbonnière.
le Pigeon ramier
le Choucas des tours
les Etourneaux sansonnets
le Pic épeiche
le Rouge gorge familier
le Pinson des arbres
la Tourterelle turque
la Sittelle torchepot
le Merle noir
le Verdier d’Europe
le Geai des chênes
l'Accenteur mouchet,
le Pic vert
le Grimpereau des jardins
le Tarin des aulnes

    Une discussion animée à propos de la défense des vergers autour d’un café et de gâteaux maison clôt dans la bonne humeur cet épisode final.
    Ces trois sorties avaient pour but d’apprendre à connaître les oiseaux de nos contrées, courants ou moins communs !

    Ça fait plaisir de savoir mettre un nom sur un chant qu’on entend tous les jours, dit Kevin à propos du Pinson des arbres. Mais il en reste beaucoup que je ne reconnais pas encore ! Moi c’est celui  du Rougegorge que je n’arrive pas à mémoriser, renchérit Marie.

    On ne prend jamais le temps de regarder ou d’écouter les oiseaux alors qu’on est 24 heures sur 24 à la ferme, déplore Camille. Même si je ne me rappellerai pas toutes les info, ça fait plaisir de voir la ferme autrement.

    Ces quelques témoignages confirment la pertinence de tels ateliers et questionnent sur la suite à donner à cette première expérimentation.


dimanche 22 février 2015

Atelier d'initiation à l'ornithologie 2/3

   Ce matin, nous avons fait la deuxième animation "débutants" à la ferme du Petit Changeons. 9 personnes étaient présentes ainsi qu'un temps magnifique. Nous avons contacté 21 espèces et nous sommes réunis autour d'un café, d'un thé à la menthe et au romarin et de quelques cookies faits maison.



Voici la liste des observations

  héron cendré          accenteur mouchet          sittelle torchepot
  buse variable          rouge-gorge familier        grimpereau des jardins
  goéland argenté     merle noir                        pinson des arbres
  pigeon ramier         grive musicienne             verdier d'Europe
  tourterelle turque    grive draîne                     étourneau sansonnet
  pic vert                   mésange bleue                pie bavarde
  pic épeiche            mésange charbonnière    choucas des tours

Didier Guillon