dimanche 8 janvier 2017

Les oiseaux des étangs du prieuré à Saint-Hilaire du Harcouët

L'Airon
    Malgré le brouillard épais peu engageant, nous étions 26 au rendez-vous à la rencontre des  oiseaux des plans d’eau et des rives de l’Airon. En 2 heures, 29 espèces ont été notées, plus souvent entendues que vues... Les aulnes porteurs de graines retenaient les pinsons des arbres et les chardonnerets, les pelouses enfin dégelées sont le terrain de chasse des merles – et des poules d’eau côté prairie -.

Le chardonneret exploite les graines des aulnes.
    Nous ne verrons qu’à la fin de la sortie le pipit farlouse, autre marcheur du gazon et les bergeronnettes grises, pourtant entendues à plusieurs reprises en vol  ne se montreront qu'au moment de remonter en voiture !

Pipit farlouse
    Heureusement, pour remonter le moral des troupes, une bande de mésanges à longue queue ouvre le bal ! Les deux étangs sont encore gelés, les colverts marchent sur l’eau ! Ce sont les rives de l’Airon qui sont les plus riches, mais voir le pic épeiche sur le tronc des peupliers est un exploit vu le peu de lumière. Il est là chez lui, observé ou entendu (tambourinage) lors des deux visites récentes. De même le grimpereau crie une fois puis se tait...

Dans le brouillard, le pic épeiche tambourine.
    Il y aura bien peu de chanteurs : une mésange bleue (la seule rencontrée), un accenteur, un troglodyte... Au loin, en ville, la tourterelle turque ne connaît pas l’hiver et chante comme aux plus beaux jours.

Canard colvert, mouette rieuse sur la glace, cygne tuberculé.
    Le terrain parcouru représente environ 7 ha, dont 4 pour les plans d’eau ( les étangs du prieuré, probablement vieux de 20 ans au moins), 1 ha d’arboretum encore jeune, et 500 m de rives du cours d’eau qui sont les plus riches de contacts.

    L’observation la plus remarquable (sans être une rareté) est celle de la fauvette à tête noire : cette fauvette migratrice passe l’hiver sur les côtes méditerranéennes. Changement climatique en cours, des individus sont de plus en plus souvent observés dans notre région mais de façon sporadique.
Troglodyte mignon

    Le site est particulièrement intéressant pour les naturalistes : ces plans d’eau artificiels récents côtoient l’Airon et ses vieux arbres de l’ancien bocage. La production agricole des siècles passés a été remplacée par un autre bien, immatériel : le paysage de loisir, devenu important pour nos concitoyens. Plantes et animaux sauvages d’autrefois ont été remplacés par de nouvelles espèces. Le canard colvert et la mouette rieuse ont gagné de nouveaux espaces au détriment des espèces des anciennes prairies humides. Mais cette succession d’espèces est depuis longtemps le résultat de l’action de l’homme. Le plan d’eau n’est pas plus artificiel que la prairie, elle aussi création de l’homme...

    Un éclairage nouveau apparaît cependant en ce 21e siècle : la disparition de nombreuses espèces sauvages incite à réfléchir à l’action de l’homme sur la biodiversité en danger. Il n’y a pas de petites causes. Même les espaces de loisir peuvent être l’occasion d’adapter la gestion à la sauvegarde de la nature. Les observations seront mises à disposition de la municipalité quand le recul sera suffisant. La presse locale a répondu à notre annonce. La publication d’articles sur le thème de l’avifaune et de la nature en général peut aussi aider à mettre en valeur le volet biodiversité d’un site plus tourné vers la course et la promenade actuellement.

La bergeronnette de Yarrel, une sous-espèce de la bergeronnette grise, vient des îles britanniques.

 La liste de nos observations :


    choucas des tours
    moineau domestique

    étourneau sansonnet
    merle noir
    bergeronnette de Yarrell
    troglodyte mignon
    chardonneret élégant
    mésange à longue queue
    mouette rieuse
    accenteur mouchet
    pinson des arbres
    rouge-gorge familier
    corneille noire (en fait, grise, pour cause de brouillard)
    pic vert
    pic épeiche
    tourterelle turque
    canard colvert
    grive draine
    poule d'eau
    mésange charbonnière
    héron cendré
    cygne tuberculé
    grimpereau des jardins
    mésange bleue
    fauvette à tête noire
    martin pêcheur ?? (un seul cri ...)
    linotte mélodieuse
    pipit farlouse
    geai des chênes





Résumé : Jean Collette
Liste : Sébastien Crase
Photos : Pascal Dadu, Claude Ruault, Thierry Grandguillot

 Prochaines sorties ... voir le calendrier ci-dessous !





samedi 7 janvier 2017

Calendrier des animations 2017

8 janvier : atlas des oiseaux en hiver   
Etangs du Prieuré à Saint Hilaire du Harcouët
RDV à 8h45 place du Jardin des Plantes pour le covoiturage ou 9h30
Sur place (parking de l’église)

12 février : les oiseaux des herbus en hiver   
RDV à 9h30 au Gué de l’Epine/Le Val Saint Père
(parking au bord des herbus sur la route côtière)

5 mars : oiseaux d’un parc urbain
Jardin des Plantes d’Avranches RDV à 9h30

2 avril : oiseaux de la ferme
RDV à 9h à Ponts sous Avranches parking du Lider Price route de la Haye Pesnel

14 mai : la campagne et les chemins de la Godefroy
RDV à 8h30 au Jardin des plantes d’Avranches pour le covoiturage ou 9h sur place parking près de la mairie

11 juin : le bois Dardennes/Ducey
RDV à 8h30 place du jardin des Plantes d’Avranches pour le covoiturage ou 9 h parking du château à Ducey au bord de la Sélune.

17 septembre : chemins et herbus
RDV à 8h45 place du jardin des plantes d’Avranches ou 9 h parking près de l’écomusée de Vains

15 octobre : refuge de la ferme de Changeons
RDV 9h place du jardin des Plantes d’Avranches

12 novembre : étangs et chemins Brécey
RDV à 9h place du jardin des Plantes d’Avranches pour le covoiturage ou 9h30 parking de l’étang près de la piscine à Brécey

17 décembre : les herbus de Vains   
RDV à 9h15 place du jardin des Plantes d’Avranches pour le covoiturage ou 9h30 sur le parking de l’église de Vains.

dimanche 18 décembre 2016

Avranches, les bords de la Sée

     Nous étions 12, dont 2 angevins, pour cette dernière sortie de l’année 2016 sur le secteur de la gare SNCF d’Avranches à la station d’épuration de la Jourdanière mais la tâche ne fut pas facile puisque le brouillard parfois épais ne s’est pas levé de la matinée.
L'accenteur mouchet.
     Place de la gare de nombreux passereaux sont présents parmi lesquels le discret accenteur mouchet, souvent pris pour un moineau, une petite troupe  de mésanges, bleue, charbonnière et longue queue qui à cette saison sont toujours en bande de 7 à 10 individus en moyenne.
     Une bergeronnette grise ou Yarell nous survole mais le manque de luminosité ne nous permet pas de l’identifier avec précision.

     Après l’entreprise STGS, dans une prairie nous identifions au moins 4 grives mauvis, reconnaissables  à leur sourcil crème et leur flanc orangé. L’espèce est hivernante dans notre contrée et semble assez abondante cette année.
La grive mauvis.
     Malgré le brouillard nous reconnaissons une mouette rieuse posée dans la même prairie au bord de la Sée, tandis qu’un goéland argenté immature nous survole et se dirige vers l’est en direction d’un centre d’enfouissement des déchets distant d’une vingtaine de kilomètres  mais le trouvera-t-il ?
     Dans un arbre couvert de lierre un pouillot véloce se fait entendre et voir rapidement, ce petit passereau de10/12 cm de longueur est particulièrement discret à cette saison et il faut bien prêter l’oreille pour entendre son cri « huyit », cet hiver il est assez commun compte tenu de la douceur actuelle. Une fauvette à tête noire se nourrit sur les pommes non ramassées en compagnie d’un merle noir.

    Au bord de la Sée 2 poules d’eau, maintenant dénommées gallinules poule d’eau, évoluent sur les berges à la recherche de nourriture.
     Après avoir traversé une station de renouées du Japon, plante invasive, nous arrivons sur une prairie naturelle habituellement humide à cette époque mais pas cette année. Nous n’y trouverons aucune bécassine des marais ni chevalier culblanc, par contre nous allons découvrir une espèce intéressante : le traquet pâtre ou tarier pâtre.
Tarier pâtre : le mâle.
      Ce petit passereau insectivore qui mesure 12/13 cm fréquente les milieux ouverts pourvu qu’il dispose de quelques buissons pour se percher, il affectionne aussi les clôtures artificielles.
Le mâle est reconnaissable à sa tête noire, à sa grande tache blanche sur le côté du cou, à sa poitrine orangée et à son croupion blanc. La femelle est plus terne, nous réussissons à observer le couple perché sur la clôture ou bien sur des herbes hautes de la prairie. L’espèce n’est pas très commune actuellement car elle avait disparue lors d’un épisode neigeux en mars 2013 qui avait duré plusieurs jours l’empêchant de se nourrir au sol.

     Ensuite nous nous dirigeons vers un bassin de rétention d’eau pluviale de l’ancienne station d’épuration qui est entourée de grands peupliers envahis de gui, 4 poules d’eau fréquentent le site qui est  inaccessible aux promeneurs et aux carnivores tels que le renard.
     De l’herbe rase bordant le bassin nous apercevons un pic vert qui s’envole pour se poser dans un peuplier, il était probablement à la recherche de fourmis dont il se nourrit abondamment à la belle saison.
Tarier pâtre : le couple.
     A la cime d’un peuplier nous observons et entendons la grive draine, qui est friande des baies de gui qu’elle propage d’arbre en arbre
     Une buse variable est aperçue dans une trouée de brouillard
     Au cours de cette sortie 26 espèces ont été vues ou entendues ce qui est remarquable compte tenu du brouillard persistant

Luc Loison
Photos Camille Simon

Prochaine sortie en Avranchin : 

SAINT-HILAIRE-du-HARCOUET: Les oiseaux des étangs du prieuré et de la vallée de la Sélune
dimanche 8 janvier 2017.
RV à 9h30 parking de l'église, ou covoiturage depuis Avranches à 8h45 au jardin des plantes.
Gratuit, ouvert à tous, jumelles conseillées non obligatoires. Prévoir des bottes.


dimanche 13 novembre 2016

Un circuit dans la vallée du Bieu à Saint-Georges-de-Livoye

Le Bieu
     Chemins et petites routes en boucle autour du moulin de St Georges, le circuit est assez bref mais le cadre très rural permet cependant de contacter 30 espèces en 2 heures.

     La ronde de mésanges à longue queue accompagnées de mésanges bleues, charbonnières, pouillot véloce met notre groupe de 12 en condition dès le départ. Le bocage n’est d’abord pas très animé : quelques rouges-gorges isolés, troglodyte solitaire, merle pressé...
      De loin, le grimpereau crie dans le bosquet des étangs de pêche ; nous ne verrons du blaireau que son empreinte fraiche de la nuit.
Aulne seul dans la prairie, le bétail s'en sert pour se gratter ... depuis longtemps !
      Mais c’est en arrivant au niveau du premier hameau que les contacts deviennent plus nombreux : moineau, pinson, étourneau, grive mauvis, accenteur, ancien nid de pigeon ramier... les habitués, en nombre !
Coupe presque transparente de brindilles : pigeon ramier.
      Les merles en groupe festoient dans le houx porteur de fruits. Les pommes au sol sont aussi appréciées. Nous sommes frappés par le fait que dans de nombreuses propriétés, on ne ramasse plus les pommes. Tant mieux pour les oiseaux... tant que les pommiers seront supportés !
Dans le houx, la grive mauvis, une hivernante.
     Mais la partie la plus originale du parcours traverse le fond de la vallée du Bieu. La topographie est très « pédagogique » : les chemins évitent la vallée humide et suivent les courbes de niveau ; des haies implantées sur les ruptures de pente avant la zone inondable dessinent avec précision les limites du lit majeur du Bieu.
      Au creux du vallon, l’aulne, le saule, les peupliers, les prés à joncs caractérisent une zone humide, doublement irriguée par le Bieu et par le bief, cours d’eau artificiel créé par l’homme pour fournir de l’énergie aux roues du moulin depuis le Moyen Âge.
Le bief suit la courbe de niveau.
      Les cris des bandes de chardonnerets circulant entre les haies d’aulnes puis des tarins (au moins 6) collent bien avec l’ambiance de cet habitat.
Chardonnerets dans un aulne.
     Un aulne mort porte un indice riche de sens : deux cavités creusées par le pic épeichette. Ce petit pic est maintenant sur la liste rouge des espèces menacées de France. Nous n’aurons pas la chance de le voir, seuls le pic épeiche et le pic vert se manifestent durant la sortie.
Faucon crécerelle
     Au retour, de loin, la tache blanche du héron garde bœufs au milieu des vaches attire l’œil. L’espèce devient de plus en plus courante dans notre région, suivant l’expansion des aigrettes depuis les marais de la Méditerranée ! « Tourisme climatique »...
Grive draine
     Quelques notes prises un peu de façon aléatoire donnent cependant une idée de la fréquence de rencontre des oiseaux ce matin.
      Le tableau indique les espèces les plus présentes : le pigeon ramier en bandes d’hivernants, les grives mauvis déjà bien présentes aussi, le pouillot véloce qui apprécie la douceur de la vallée. Quelques évidences : le geai des chênes quitte un chêne, les tarins des aulnes volent dans les aulnes, le héron garde bœufs aime la compagnie des vaches et la bergeronnette des ruisseaux est posée sur le ruisseau !

Résumé : J Collette
Liste : S. Crase
Photos : T. Grandguillot

Prochaines animations : 
Dimanche 18 décembre, à Avranches,  
circuit vers la Sée. RDV à 9h30 au parking de la gare SNCF d'Avranches.
Dimanche 8 janvier, à Saint-Hilaire du Harcouët,
Les oiseaux des étangs du prieuré et de la vallée de la Sélune
RV 9h30 parking église ou covoiturage depuis Avranches 8h45 jardin des plantes.




A noter : après l'animation, alors qu'une partie du groupe revient vers Avranches, un choucas partiellement blanc recherche sa nourriture sur les pelouses du parvis de Notre-Dame des Champs :