dimanche 5 juillet 2026

Tirepied, 5 juillet 2026

Une étape dans la vie de la réserve de l’Orange :

300 relevés ornithologiques 


    Dimanche 5 juillet, le Groupe ornithologique normand proposait une visite de la réserve de Tirepied pour terminer le premier semestre d’animations mensuelles inscrites au calendrier du Sud Manche. 24 participants ont pu profiter des explications apportées par les deux conservateurs, Paulo Sanson et Jean Collette. 

La prairie a été récemment fauchée

Même endroit, en février dernier.
 

     Depuis 2018, les oiseaux ont été répertoriés et cartographiés sur la réserve au cours de 300 passages des observateurs. Les 20 ha situés en basse vallée de la Sée ont accueilli 125 espèces vues au moins une fois. La Sée et ses débordements hivernaux caractérisent la large prairie ouverte où les seuls arbres tolérés sont ceux des rives du fleuve. 

Les aulnes, en bordure de la Sée, sont en pleine croissance
 

     Le paysage dégagé est paradoxalement une condition indispensable à l’installation de quelques espèces devenues rares dans la vallée de la Sée : le bruant des roseaux et le phragmite des joncs se sont installés le long des fossés gainés de bandes non fauchées qui constituent un milieu riche d’insectes variés. Les libellules sont au nombre de 26 espèces, un record local ! Le clou du spectacle au cours de la sortie fut donné par l’espèce phare de la réserve, la rare pie-grièche écorcheur qui niche ici depuis 2 ans. 

Pie-grièche écorcheur
 

     Depuis l’acquisition, la gestion a été orientée vers des axes précis : protection totale des rives (développement de la ripisylve malgré les coupes imposées en 2019 par la collectivité), mise en exclos et boisement spontané ou non de 3 méandres étroits, recreusement de 3 bras morts clôturés, remise en eau de 2 fossés et protection d’une bande de prairie adjacente en exclos de fauchage, pâturée tardivement. Ces surfaces sont exclues de la location de l’essentiel de la surface par bail environnemental. 

Ourlet d'arbres le long de la Sée,
les 3 bras morts recreusés.
 
Fossé aveugle et zone en exclos

    Jean nous fait a un petit inventaire des nouvelles espèces attendues pour certaines et moins pour d'autres. Nous le citons : « Le retour du couple de pies-grièches écorcheurs sur le même territoire qu'en 2025 est enthousiasmant. Mais surtout, nouveauté, un couple de bergeronnettes printanières est cantonné pour la première fois (du moins depuis que la réserve existe, soit 2018). Les autres espèces attendues sont aussi présentes (bruant des roseaux, phragmite des joncs, cisticole, traquet pâtre) ; il faudra attendre la fin des relevés estivaux pour évaluer les populations nicheuses. Autre visiteur inattendu, le busard des roseaux a fait une halte sur la réserve après avoir un peu semé la pagaille chez les foulques et castagneux nicheurs de la mare du bras mort où les joncs commencent à bien protéger les nids. Hypolaïs polyglotte et fauvettes des jardins font un carton; les haies sont visiblement à un stade parfait pour ces fauvettes peu concernées par les arbres. » 

Hypolaïs polyglotte
 

     L’originalité de la réserve tient à la gestion de l’eau en zone inondable : contrairement aux pratiques habituelles mise en œuvre par les agriculteurs, l’eau est conservée et non chassée : les fossés ne débouchent sur aucun autre canal de fuite. 

Bruant des roseaux mâle

 

    Actuellement, dans les trois mares recreusées sur l’emplacement des anciens bras morts, l’eau est présente à quelques dizaines de cm sous le sol, illustrant l’existence de la nappe fluviatile comme sur l’ensemble des 1 100 ha du lit majeur en aval de Brécey. Le grèbe castagneux et la foulque savent tirer parti de ces nouvelles mares retrouvées pour y nicher. Si les hommes peuvent en tirer des leçons urgentes pour l’avenir de nos stocks d’eau douce, ce sera aussi un acquis de la réserve ornithologique. 

Liste des oiseaux observés : 

  1. Rouge-gorge familier 
    Hérons garde-boeufs

  2. Chardonneret élégant
  3. Hirondelle de fenêtre 
  4. Héron cendré 
  5. Merle noir 
  6. Fauvette à tête noire 
  7. Geai des chênes 
  8. Hirondelle rustique 
  9. Corneille noire 
  10. Buse variable 
  11. Pie grièche écorcheuse
  12. Faucon crécerelle 
  13. Héron garde-boeufs 
  14. Fauvette des jardins 
  15. Pigeon ramier 
  16. Goéland argenté 
  17. Grive musicienne 
  18. Cisticole des joncs 
  19. Bouscarle de Cetti 
  20. Pie bavarde 
  21. Pic vert 
  22. Hypolaïs polyglotte 
  23. Troglodyte mignon 
  24. Aigrette garzette 
  25. Corbeau freux 
  26. Bruant des roseaux 
  27. Tarier pâtre 

 

Tarier pâtre mâle


 Texte : Jean Collette, Odile Garcia
Photos : Odile Garcia, Thierry Grandguillot
Liste : Sébastien Crase

 

 

Geai des chênes


 Un oeuf de canard colvert a été prédaté : ouverture sur le côté.


 Les goélands sont en route vers le centre d'enfouissement des ordures ménagères de Cuves. Quelques cigognes fréquentent aussi ce site.


 La parcelle du gabion qui jouxte la prairie est en cours d'acquisition et permettra d'agrandir la réserve ornithologique.

Paulo a replanté des boutures d'orme champêtre qui, pour l'instant, semblent résister à la graphiose.


 

Pendant l'observation des tariers

Tarie pâtre juvénile : la famille reste groupée, toujours dans les secteurs des fossés bordés de joncs, riches en insectes.