dimanche 10 avril 2022

Avranches, le Turfaudière le 10 avril 2022

 Sortie dans le quartier de la Turfaudière à Avranches le dimanche 10 avril 2022


    Nous étions 12 à la découverte des oiseaux du quartier de la Turfaudière d’Avranches. Ce quartier est constitué  principalement d’immeubles et de petites maisons HLM, mais aussi du collège de la Chaussonnière entouré d’un grand parc arboré et de la polyclinique du bocage.
    L’habitat n’est pas d’une grande densité et de nombreux espaces verts entourent le bâti : pelouses, buissons, haies et arbres d’ornement.

Accenteur mouchet

    En avril la saison de reproduction des oiseaux a déjà commencé pour les espèces sédentaires. La migration prénuptiale est en cours. Ainsi 3 hirondelles rustiques ont été vues au cours de la matinée ; le pouillot fitis a été entendu dans le parc du collège. Il est reconnaissable à son chant constitué d’une strophe sifflée d’environ 3 secondes légèrement descendante.


    Les 4 espèces les plus communes du quartier sont sans conteste le choucas des tours, le pigeon ramier, la tourterelle turque et le moineau domestique. Ce dernier s’est adapté et peut être même a augmenté ses effectifs après la rénovation énergétique des maisons. Preuve que les oiseaux peuvent parfois s’adapter à des modifications de leur milieu.
    Le rougequeue noir a été aperçu et entendu sur les bâtiments de la polyclinique et la chaufferie bois non loin du centre Leclerc. Cette espèce rupestre affectionne les centres villes et les grands bâtiments des zones périphériques.
    Le serin cini a été entendu brièvement dans le parc du collège, il se plait dans les parcs arborés avec quelques résineux.

Un peu loin, le rougequeue noir

    Les oiseaux des buissons et des haies sont peu nombreux car beaucoup de haies vives entourant les maisons individuelles ont été remplacées par des clôtures métalliques.
    Ainsi l’accenteur mouchet est bien présent : 2 chanteurs ont été vus et entendus à proximité du collège. Peu de merles noirs. Pourtant il y a de grandes surfaces de pelouse où il peut trouver des vers de terre.
    Le troglodyte mignon n’a été entendu qu’en lisière du quartier ainsi que la fauvette à tête noire, le pouillot véloce, le rougegorge familier et la grive musicienne.


    Quelques espèces ont été observées survolant le quartier sans pour autant y vivre : le goéland argenté, vu tous les jours en transit entre la baie du Mont Saint Michel et le centre d’enfouissement des déchets de Cuves, le corbeau freux, la corneille noire et le pigeon biset domestique.

l'étourneau sansonnet

    Les cavernicoles sont peu nombreux : 1 couple de mésange bleue et d’étourneau sansonnet se trouvaient à proximité du collège car les cavités sont rares à cause de l’absence de vieux arbres et de l’isolation des logements.


    Nous espérions voir l’hirondelle de fenêtre nicheuse sur certains immeubles de la zone, ainsi en 2021 20 nids ont été comptés soit 15% de la population nicheuse d’Avranches. Certains nids sont en place depuis plusieurs années et sont occupés chaque été grâce à « l’hospitalité » de certains locataires.
Au total 23 espèces d’oiseaux ont été vues ou entendues au cours de cette matinée printanière.

Texte : Luc Loison
Photos : Christian Rodet

Prochains rendez-vous : 

Date : Mardi 3 mai 20h30 - 22h
Lieu : Avranches, place d'Estouteville, salle Bindel
Description : Café ornitho : réunion des adhérents du Sud-Manche
Contact : Thierry Grandguillot 02 33 58 39 16

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Date : Dimanche 8 mai 9h - 11h30
Lieu : Saint-Michel-des-Loups, rdv devant l'église

Description : Un bocage très structuré, des terrains humides, parfois tourbeux. Covoiturage au départ d'Avranches, place Carnot, 8h30.
Contact : Thierry Grandguillot 02 33 58 39 16



dimanche 13 mars 2022

La réserve de l'Orange à Tirepied : Habitats et gestion

Cheminant le long de la Sée

    Deux articles de presse avaient annoncé la sortie du 13 mars 2022 : 38 participants étaient au rendez-vous ! Heureusement que l’objectif n’était pas d’observer les oiseaux mais de comprendre pourquoi l’Orange est intéressant pour les oiseaux.

La pancarte, à l'entrée, précise les conditions d'accès.

    Le site a d’abord été replacé dans le contexte de la vallée de la Sée, entre la source à Sourdeval (altitude 210 m) et  Avranches (7 m). À Tirepied, les 15 m d’altitude correspondent déjà depuis Brécey à la basse vallée et ses méandres : le fleuve n’a plus assez d’énergie vu la faible pente, il serpente dans les dépôts anciens de sédiments.  

Les aigrettes garzettes, présentes durant toute l'animation.

    Ici, de plus, le barrage du remblai routier en travers du lit majeur accentue le stockage de l’eau dans le sous-sol et le sol. L’humidité est ainsi plus marquée dans la partie aval de la réserve : il y a plus de joncs (vert foncé).

Sur l'extérieur du virage, l'eau creuse la rive.

    Chaque méandre est en constant déplacement : le courant attaque dans l’axe du courant la rive concave et  les méandres finissent par se recouper d’où la formation des bras morts.

Dans la partie convexe du virage, les crues engraissent la rive.

    La parcelle de 17 ha de l’Orange mesure au maximum 700 m de long sur 400 de large (zone inondable totale d’Avranches à Brécey : 1 100 ha) 


Explications sur la dynamique de la rivière.


    Depuis l’achat en 2017 par le GONm, 145 visites (3 fois par mois en essayant de coller au même calendrier chaque année : même date, même horaire, afin de comparer l’évolution des populations d’oiseaux) ont été réalisées et 107 espèces notées au mois une fois.

    Les compartiments de l’espace  et la gestion :
- la prairie, exploitée par un agriculteur locataire par bail environnemental (pas de d’engrais, pas de fumier, pas de lisier, pas de traitement chimique, pas de labour ; seulement pâturage et fauchage.)


L'aulne aime avoir les pieds dans l'eau ...

- le fleuve et ses rives boisées : la haie s’appelle la ripisylve, mini forêt en zone inondable à base d’aulnes glutineux, de saules, de ronces, de chênes. Une clôture empêche le bétail de brouter la végétation spontanée (l’abreuvement se fait par pompe à nez). Nous attendons la repousse des arbustes, saules et aulnes, coupés lors de la « rénovation » de la végétation des rives de la Sée qui nous a été imposée (et surtout mal gérée). C’est surtout la perte des cépées les plus vieilles, certaines riches de vieux troncs morts, qui a eu le plus de conséquences (troncs percés de cavités par le pic épeiche et donc à suivre population de nicheurs des trous : mésanges, étourneau...). Le courant est variable selon les tronçons : les radiers sont originaux : remous et « rapides » sont dus à des barres rocheuses de schistes sédimentaires dans le sous-sol formé de dépôts argileux laissés par les crues; problème de l’envasement de ces zones dites « à frayères » (les saumons pondent là) lors des épisodes de fortes pluies de printemps lorsque les sols sont labourés pour les semis : la Sée terreuse transporte une grande quantité de matières en suspension.   


Les chatons mâles de l'aulne : la mésange bleue vient y manger le pollen.
- les bras morts vont être recreusés en surface (et clôturés) pour retenir l’eau plus longtemps en surface au printemps (passage des limicoles en migration).

Les goélands argentés survolent 2 fois par jour la réserve.
- les méandres sont en cours de reboisement, arbres et arbustes fonctionnant comme des pompes à sels minéraux, extrayant en particulier l’excédent d’azote des eaux qui circulent dans le sol.  Ces bosquets augmenteront l’attractivité pour les passereaux de la ripisylve.
 
Cette cardamine des prés est en avance !

- des fossés sont recreusés et clôturés afin de laisser se développer la végétation des rives humides et de donner plus de chances de cantonnement aux passereaux de ces habitats (bruant des roseaux, tarier pâtre et aussi tarier des prés, phragmite des joncs en migration). Ces fossés sont « aveugles » c’est à dire qu’ils ne débouchent pas sur un exutoire destiné à chasser l’eau de la réserve. 

Ce fossé recreusé maintient l'eau présente une partie du printemps.

    Il faudra du temps pour vérifier l’effet de ces aménagements, d’autant que les populations d’oiseaux sont très variables selon les années en fonction de la météorologie (froid, inondations). De plus, pour certaines espèces, le déclin est généralisé (par exemple pour l’alouette des champs) et ce ne sont pas les seuls aménagements de l’Orange qui vont modifier ce constat.


Texte : Jean Collette
Photos : Claude Ruault, Thierry Grandguillot




dimanche 13 février 2022

La ferme du Petit Changeons


13 février 2022 : 

Sortie mensuelle sur la ferme du Petit Changeons à Avranches

 


    Le vent était peu agréable malgré le soleil, nous étions quand même 22 au rendez-vous pour visiter cette ferme si originale et découvrir ses oiseaux : le relief creusé par le fossé des Plataines, véritable petit torrent ici, est un peu montagnard. Des pentes plus ou moins boisées de vieux arbres du 19e siècle gardent la mémoire du parc du château voisin. Les chèvres ont la chance de déguster à l’abri un foin (bio) odorant à notre passage... 

Grives mauvis

    Vingt espèces sur place (plus 4 extérieures), certaines bien bavardes (le rouge gorge, 7 chanteurs sur 9 oiseaux), d’autres en nombre (les grives mauvis, au moins 45, les merles au moins 37 !) attirées par les baies du lierre qui commencent à mûrir.  Après 6 relevés sur place - la ferme est un refuge en « dormance » peut-être temporaire -, le bouvreuil est vu pour la première fois. Ce n’est pas un hasard s’il circule sur la ferme à proximité immédiate du premier prunellier en fleur  dont il  consomme les bourgeons en cette saison.

Bouvreuil pivoine

    Fidèles au site, la sittelle, le grimpereau des jardins, la bergeronnette des ruisseaux, la mésange à longue queue, la buse caractérisent bien la ferme. La vedette locale n’a pas été revue... le pic mar noté le 8 février 2015, comme le faisan doré ce jour là...  
Buse variable



Comparaison des résultats de 2 relevés à 7 ans d’écart
(14/02/2015 et 13/02/2022)


 

    L’échantillon est tellement réduit qu’il ne faut pas tirer de conclusions de la comparaison. Cependant, la présence « massive » des mauvis et des merles cette année est notable. Il faudrait creuser la signification de la différence de contacts avec la grive musicienne. Le vent cette année (et le déplacement en groupe défavorable pour observer cette espèce farouche) a pu gêner sa détection. En 2015, sur les 9 grives musiciennes, 3 chantaient, cette année une seule. J’y vois surtout l’effet horaire tardif : en 2015, passage de 8h40 à 9h50, cette année 9h30 à 11 h, ce qui suffit à faire taire les chanteurs. Nos « mesures de populations » sur cartographie donnent des résultats relatifs (à la durée en particulier)  et non des mesures absolues, surtout quand les précautions élémentaires ne sont pas respectées ! L’horaire en est une capitale...

Fiche d'observation du refuge février 2015

Fiche d'observation du refuge février 2022
 

(cliquez sur les fiches d'observation pour les agrandir)

La mésange charbonnière apprécie la variété des milieux.


Bec fin, pointu et assez long, corps ramassé : les étourneaux sansonnets.


De même taille que l'étourneau, mais avec le flanc roux, un sourcil blanc sur la tête : la grive mauvis, une hivernante.


Le lierre qui s'est installé sur cet abri offre chaque automne une floraison très abondante, utile pour de nombreux insectes ; en fin d'hiver, les fruits arrivent à maturité et servent de nourriture à de nombreux oiseaux. Son feuillage persistant accueille les premiers nids des merles noirs.

Cette loge de pic épeiche a été creusée il y a plusieurs années. L'étourneau, les diverses mésanges l'occupent ensuite.


Le choucas des tours occupe les cheminées du château.


Pour le pinson des arbres, ici une femelle, il faut atteindre la graine qui se cache à l'intérieur ...

Texte : Jean Collette

Photos : Pascal Dadu, Jacky Richard


Prochains rendez-vous :

Date : Mardi 8 mars 20h30 - 22h

Lieu : Avranches, place d'Estouteville, salle Bindel

Description : Café ornitho : réunion des adhérents du Sud-Manche

Contact : Thierry Grandguillot 02 33 58 39 16

Date : Dimanche 13 mars 9h30 - 11h30

Lieu : Tirepied, près du pont sur la Sée

Description : Visite de la réserve des prés de l'Orange : évolution du paysage, projets, rôle dans la vallée de la Sée. Bottes indispensables. Covoiturage au départ d'Avranches, place Carnot, 9h.

Contact : Jean Collette 02 33 48 95 63

 



dimanche 16 janvier 2022

La vallée du Bieu à St Georges de Livoye

Mésange bleue
 

    Nous organisions dimanche notre première sortie de l’année. Au rendez-vous sur le parking des étangs du moulin, 22  participants venus malgré le temps gris et frisquet ... 

    Les conditions météo furent peu favorables à l’observation des oiseaux, la faible luminosité n’incitant pas les premiers chanteurs de saison à s’exprimer : pas un seul chant de grive draine en deux heures... 

Deux grives draines (mais qui ne chantent pas !)
 

     Le déplacement d’un groupe dans un chemin étroit n’est pas favorable à l’observation simultanée. Aussi, chacun n’a souvent vu qu’une partie de l’ensemble des observations. 


    Cependant, 28 espèces furent repérées, dont la rare bécasse des bois et la grande aigrette en vol. Deux grands cormorans « connaisseurs du coin » ont certainement leurs habitudes autour des plans d’eau de pêche du moulin ! Le circuit passant par chemins et petites routes offrit l’occasion de repérer les noisettes consommées par les rongeurs, les empreintes du lièvre, du chevreuil, les traces de chasse des pics dans le bois mort, etc. 

Empreinte de chevreuil

    Et la vallée si typique de ce bel affluent de la Sée offrit l’occasion de se pencher sur le paysage : à plusieurs reprises, les limites du  vallon sont bien matérialisées par des talus boisés caractéristiques sur rupture de pente, c’est une façon intelligente de bloquer l’érosion et la perte du sol fertile de la parcelle « du haut »; les talus des chemins portent des arbres âgés, en particulier des souches exploitées depuis des générations dont la succession des stades, de plus en plus dégradés, est un bon marqueur du temps qui passe ; enfin, la présence à la fois du ruisseau et du bief est un souvenir à retenir : l’application des lois européennes concernant la libre circulation des poissons migrateurs a signé l’arrêt de mort des biefs d’alimentation des moulins, les chutes empêchant la remontée des poissons.  

Liste des espèces rencontrées

corneille noire
mésange bleue
grand cormoran
pinson des arbres
pinson du nord
bergeronnette des ruisseaux

Héron cendré
grande aigrette
choucas des tours
pigeon ramier
rougegorge familier
grive mauvis
corbeau freux
merle noir
grive draine
tarin des aulnes
geai des chênes
pie bavarde
roitelet huppé
sittelle torchepot
mésange à longue queue
grimpereau des jardins
mésange charbonnière
poule d'eau
héron cendré
bécasse des bois
moineau domestique




Ce tableau permet de comparer les oiseaux vus à l'occasion de deux sorties à quelques jours d'intervalle.

Archive : une sortie sur le site de la pisciculture en 2006

La grive mauvis : sourcil clair, flancs roux.

La mésange charbonnière

Le moineau domestique mâle
2 moineaux domestiques femelles

Pigeon ramier au repos

Rougegorge familier

Un groupe de pinsons du nord

Merle noir
Texte : Jean Collette
Liste : Sébastien Crase
Photos : Pascal Dadu ; Thierry Grandguillot

Prochaine sortie :

Dimanche 13 février
Avranches, ferme du petit Changeons
RDV à 9h15 place Carnot
Description : Dans un vallon encaissé, la ferme du petit Changeons montre une agriculture bio presque urbaine. Petit bois, prairies, élevage. Bottes utiles. Contact Luc Loison 02 33 58 11 78