dimanche 14 avril 2024

La Rochelle Normande, le 14 avril 2024

 La Rochelle Normande, 14 avril 2024


Cette haie alterne arbres de haut jet et arbustes.

     Nous remercions Monsieur et Madame Mésange qui nous ont reçus sur leur ferme de la Bélangerie. Le site est exemplaire : de belles haies ont été replantées il y a plus de 20 ans reconstituant un maillage de qualité. La longueur de haies entourant le corps de ferme dépasse les 200 m/ha ce qui est remarquable. 


    Notre groupe de 36 participants a parfois rendu les commentaires ou les écoutes imparfaites mais le plaisir de l’échange reste la base de nos rencontres. Au départ, l’observation est facile : les moineaux domestiques nicheurs des toits ne sont pas concernés par notre présence et circulent sans crainte. Avec le rougequeue noir bref chanteur, ces deux espèces sont franchement liées aux bâtiments comme le seront les hirondelles pas encore revenues sur les nids de l’étable à l’arrière.

Troglodyte mignon

    En attendant les derniers arrivants, le rouge gorge chante perché au dessus de nos têtes, rejoint par la mésange bleue et le pinson des arbres ! Premiers témoins de l’attachement à l’arbre et à la haie, comme le pigeon ramier qui quitte précipitamment  le laurier-sauce où il niche probablement. Une seule exception au cours de cette promenade : sur le chemin d’entrée, des arbustes décoratifs relativement bas retiennent un chanteur plutôt coutumier des ronciers : l’accenteur mouchet. Car tous les oiseaux n’ont pas besoin d’arbres élevés : ceux des landes aiment les buissons, ronces, ajoncs et genêts, ceux des plaines fuient même l’arbre !  

Pinson des arbres

    La suite du circuit le long d’une jeune haie puis en lisière du bois du château fera la démonstration que l’âge du boisement commande la présence de certaines espèces. Il faudra encore attendre plusieurs dizaines d’années avant que des branches et peut être un tronc mort apparaissent dans la haie replantée. Ce bois mort est déjà présent en grande quantité dans le parc voisin ce qui explique la présence du pic épeiche que nous entendons tambouriner brièvement : il frappe en rafale une branche morte choisie pour sa résonnance. Ce bruit sec portant loin vaut un chant pour marquer son territoire auprès des voisins ! Le reste du temps, ces vieux arbres lui fournissent en quantité des insectes qu’il extrait en creusant le bois mort, de même que le grimpereau des jardins récolte des petites proies dénichées dans les fissures des vieilles écorces. 

Cette haie a été recépée il y a 5 ans.

    La visite de cette partie de la ferme est aussi l’occasion de noter des particularités inscrites dans le paysage : le grand résineux marqueur de l’entrée de la ferme, le magnifique vieux chêne planté à l’angle du champ, la vieille saulaie écroulée du vallon en déprise, tous résultat de choix de l’homme au cours du temps mais participant à la vie sauvage. Le résineux est le passage obligé du roitelet, le vieux chêne offre la table mise pour quantité d’oiseaux dont le plus connu, le geai « des chênes » est grand amateur de glands. Le très vieux frêne têtard qui conclut la visite illustre bien l’accord possible entre l’exploitation de la haie et la place laissée à la vie sauvage : la taille en têtard est une invention ancienne des paysans, produisant du bois de feu et créant au fil du temps des cavités où s’installent oiseaux nicheurs et insectes originaux de l’humus des cavités. Des chercheurs suisses ont compté plus de 12 000 petits invertébrés dans un kilo de terreau extrait d’un vieux châtaignier !   

Très vieux têtard de frêne.


Liste des oiseaux observés


  1. Le lierre, visible avant la pousse des feuilles.
    Rouge-gorge
  2. Pigeon ramier
  3. Troglodyte mignon
  4. Rougequeue noir
  5. Moineau domestique
  6. Pinson des arbres
  7. Mésange bleue
  8. Merle noir
  9. Grive draine
  10. Accenteur mouchet
  11. Grimpereau des jardins
  12. Pouillot véloce
  13. Roitelet à triple bandeau
  14. Geai des chênes
  15. Fauvette à tête noire
  16. Pic vert
  17. Buse variable
  18. Mésange charbonnière
  19. Verdier d’Europe
  20. Pic épeiche
  21. Linotte mélodieuse
  22. Rougegorge familier


Texte : Jean Collette
Liste : Sébastien Crase
Photos : Thierry Grandguillot




Plan annoté du refuge de nature (cliquer pour agrandir).

Le sous-bois du parc du château est couvert de jacinthes des bois.

Certains vieux arbres aux branches sèches offrent des cavités.

La zone humide, occupée par les saules qui tombent d'eux-même puis repoussent ...

Corneille noire

Chêne en fleur

Le coléoptère Méloé

Les jeunes graines de pissenlit sont appréciées des moineaux, des linottes, des chardonnerets ...










dimanche 17 mars 2024

Chavoy, le 17 mars

 Sortie du 17 mars 2024 à Chavoy


 Avec 24 personnes présentes, c'est encore une sortie qui a attiré du monde !


 Le petit bourg nous permet d'observer le moineau domestique, les étourneaux sansonnets, le pinson des arbres, l'accenteur mouchet, le merle noir. Sur le clocher, le choucas des tours.  Certains transportent des matériaux de construction des nids.

Construction du nid du choucas

 Notre circuit traverse un paysage très ouvert, avec des champs cultivés. Un faucon crécerelle se dirige vers cette zone. Peu d'oiseaux rencontrés, mais une troupe de linottes, un peu loin, est repérée. Sur les arbres, elles chantent. Le site accueillera-t-il des nicheurs ? Cela vaudrait la peine d'y retourner en avril pour suivre leur présence. La linotte est en Normandie à nicheur peu commun, qui préfère éviter le bocage. La lande est son milieu de prédilection.

Paysage remembré, très ouvert

 À la limite entre la partie cultivée et le bocage, un verdier chante (un zzzz descendant). Ce granivore est de moins en moins répandu, en partie parce qu'il est sensible à certaines maladies, en partie parce que les milieux agricoles évoluent.

Accenteur mouchet

 Une buse se fait houspiller par des corneilles. Elle n'est pourtant pas une menace pour celle-ci, mais un territoire, ça se défend !

Buses variables

 Des goélands argentés, venant de la baie, circulent, probablement en direction du Centre d'Enfouissement Technique de Cuves. La plupart des mouettes, elles, sont en route vers leur site de nidification. Nous les reverrons en juillet.

Nid de pie bavarde (avec un toit)

 Dans le bocage qui comprend quelques très vieux arbres préservés, le pic vert, le pic épeiche, la pie, la mésange bleue, la mésange charbonnière se manifestent.

Nid de corneille (sans toit)

 À l'extrémité de notre circuit, le vallon humide de la Guérinette nous permet d'entendre et d'apercevoir le tarin des aulnes, en migration actuellement. Les bergeronnettes grises semblent danser au cours de poursuites aériennes.

Vallée humide

 Au total, 25 espèces ont été observées.

Bergeronnette grise

 texte et photos:  Thierry Grandguillot 



La Gérinette, gonflée par les pluies


étourneau sansonnet






dimanche 18 février 2024

Vallée de la Bourdonnière, dimanche 18 février 2024

Sortie ornithologique dans la 

vallée de la Bourdonnière, le 18 février 2024


    Nous étions 21 participants pour cette sortie hivernale au refuge GONm  de la vallée de la Bourdonnière à  St Martin des Champs malgré la pluie qui nous a accompagné une bonne partie de la matinée.
    Cette vallée d’une superficie d’environ 9 hectares fait partie du réseau des refuges nature du Groupe Ornithologique Normand depuis 2014, suite à la signature d’une convention avec le maire de la commune le 13/10/2014.
    Ce site se caractérise par un bocage ancien non remembré avec un boisement important dont beaucoup de vieux arbres têtards qui étaient élagués autrefois  tout les 7 à 10 ans pour le bois de chauffage.
    En 10 ans 111 relevés d’une heure et demie  ont été réalisés sur ce site soit un total de 170 heures ainsi que plusieurs animations publiques et chaque année un compte rendu est adressé à la municipalité avec des recommandations  pour améliorer la biodiversité.

    À ce jour 60 espèces ont été recensées dont certaines sont devenues rares dans le sud Manche telles que la sittelle torchepot, le pic épeichette et le loriot d’Europe.
    Ce dimanche pas facile de voir les oiseaux sous la pluie heureusement à la mi février les espèces sédentaires chantent déjà.
    Au départ de la balade nous avons entendu la mésange charbonnière, le rougegorge  familier et la grive musicienne au chant puissant dont les motifs sont répétés deux ou trois fois (2 chanteurs présents).
    Plusieurs espèces de corvidés étaient présentes : la corneille noire, la pie bavarde, le choucas des tours, le corbeau freux et le geai des chênes.
    Sur le chemin du retour une buse variable était posée sur un piquet de clôture à l’orée du bois de Baffé, cette espèce est maintenant très commune dans l’Avranchin.

    À plusieurs reprises nous apercevons des goélands argentés en vol se dirigeant vers l’est probablement vers le centre d’enfouissement des ordures ménagères de Cuves situé à environ 20 kms d’Avranches.
    Au retour , à l’entrée du parking nous entendons la tourterelle turque, le moineau domestique,  la mésange bleue, le pinson des arbres chantant timidement  et 3 merles noirs dont les effectifs sont cet hiver réduit sur Avranches.
    Au total seulement 18 espèces ont été notées au cours de cette sortie à cause des mauvaises conditions météorologiques.
 

Voici la liste des espèces vues :
- merle noir
- corneille noire
- choucas des tours
- corbeau freux
- rougegorge familier
- troglodyte mignon
- mésange charbonnière
- mésange bleue
- grive musicienne
- goéland argenté
- geai des chênes
- moineau domestique
- buse variable
- tourterelle turque
- pigeon ramier
- pie bavarde
- pinson des arbres
- pic épeiche

soit 18 espèces

Compte-rendu de Luc Loison


dimanche 21 janvier 2024

Dimanche 21 janvier au jardin des plantes d’Avranches

    Exercice du jour : permettre à chacun d’être plus à l’aise pour le GCOJ (le Grand Comptage des Oiseaux des Jardins) des 27 et 28 janvier, la semaine prochaine. 19 personnes participent à cette formation..

    Un rappel : ce comptage, initié au Royaume-Uni par la RSPB, a été proposé en France pour la 1ère fois en 2004 par le GONm. Nous en sommes donc au 22ème GCOJ en Normandie.
    Depuis, la LPO, avec le Muséum d’Histoire naturelle, ont étendu il y a 10 ans cette enquête à toute la France, relayée par les associations régionales. Cette action de science participative a permis d’établir un classement des espèces les plus fréquentes. Ainsi, en 2023, le Rougegorge familier, indétrônable (observé dans 85,5% des jardins normands), reste en tête pour la quatrième année consécutive, suivi du Merle noir (80,4%) et de la Mésange charbonnière (77%), qui reprend la troisième place au Moineau domestique, passé quatrième (76,2%). Pour plus de détails sur les opérations des années passées, vous pouvez consulter cette page :
https://www.gonm.org/index.php?tag/jardin


    Aujourd’hui, peu de lumière (brouillard), température froide – nous finissons une vague de froid - : les oiseaux sont là, mais peu loquaces. En 30 minutes, temps de l’exercice, 7 espèces sont contactées. Le pigeon ramier (quelques-uns survolent, un est posé) ; le choucas des tours (2) ; la mésange bleue (1, qui chante) ; le merle noir (1) ; le rougegorge familier (1) ; le grimpereau des jardins (1) ; le troglodyte mignon (1).
    Nous remarquons la relative rareté du merle noir, car un seul individu a été vu, à plusieurs reprises, alors que le milieu, très favorable à l’espèce – alternance de buissons et de pelouses – permet souvent d’en voir beaucoup plus.

Visibilité réduite ... Couleurs grisées ...

    Les goélands ne sont pas comptés dans notre relevés, car ils ne sont pas entrés en contact avec notre terrain de recherche. Par contre, nous en voyons deux dans l’herbage en contrebas. Ils tapent le sol. Si c’est efficace en baie, à marée basse, pour faire remonter de petits coquillages, cela semble l’être moins ici, où les vers de terre, dans le sol qui a gelé cette semaine, ne vont pas sortir facilement. Les deux goélands argentés repartent.

Goéland argenté

    Des corbeaux freux se mêlent à des choucas dans la même prairie. Nous pouvons voir des groupes de ces deux espèces mélangées sur les herbus, au Val Saint-Père par exemple.

Corbeaux freux, choucas des tours


    Au cours de la suite de la matinée, notre circuit nous permet de compléter notre liste du jour : le pinson des arbres, la mouette rieuse, le chardonneret, la grive mauvis, la corneille noire, et un écureuil.


Quelques liens utiles.
Le site du Grand Comptage des Oiseaux des Jardins, où vous pourrez rentrer vos relevés :
http://gcoj.gonm.org/
Ou bien l’adresse mail où vous pouvez envoyer vos relevés par courriel :
gcoj.gonm@gmail.com
Si vous n’êtes pas en Normandie, cet article vous aidera :
https://www.ornithomedia.com/agenda/11e-comptage-hivernal-national-des-oiseaux-jardins-france-metropolitaine-236947/

Enfin, pour adhérer ou réadhérer au GONm, car cela fait partie de vos bonnes résolutions de 2024 :
http://gonm.org/index.php?pages/adhesion

Prochaines sorties : voir le calendrier dans la publication précédente.

Compte-rendu et photos : Thierry Grandguillot