dimanche 21 février 2016

Bellefontaine

Sortie à la Fermette à BELLEFONTAINE 

    Nous étions 28 à venir découvrir le beau site de la Fermette, partagés entre deux objectifs complémentaires : un coup d’œil (ou d’oreille) aux oiseaux et une introduction au jardin pédagogique en cours d’installation.
    Après le bon accueil des maitres des lieux  (boissons chaudes et croissants), nous avons d’abord accompagné Michel posant un nichoir dans un pommier afin de satisfaire la curiosité professionnelle de la correspondante de presse présente. Ce nichoir destiné à la mésange bleue respecte un maximum de conditions favorables à la réussite de l’installation d’un couple : diamètre du trou (28 mm), orientation vers le S ou SE, bois piqueté à l’intérieur pour une meilleure prise de griffes, orifice extérieur cerclé de métal (découpé dans une boite de conserve) pour éviter l’attaque du pic épeiche – ou de l’écureuil - , garniture intérieure de sciure...). D’autres nichoirs sont déjà posés à l’intention de la chouette effraie et du faucon crécerelle. Tous ces prédateurs jouent un rôle non négligeable dans la maitrise des déprédateurs des récoltes (ici les légumes en particulier). Cette recherche d’accompagnement par les auxiliaires est particulièrement cohérente dans le cadre de l’agriculture biologique pratiquée sur le site de la Fermette.

La présentation du nichoir.

    Avant de commencer la visite, une caractéristique majeure du site a été rappelée : avec une longueur de haie de 187 m/ha, la fermette a conservé un caractère essentiel du bocage des années 1950 : le maillage de haies d’avant remembrement était le gage d’une grande richesse naturelle (Actuellement, le linéaire est plutôt proche de 50 m/ha sur les fermes locales pratiquant une agriculture intensive). Pour les passereaux des haies, il y a quasi proportionnalité entre la densité des couples nicheurs et la longueur de haies (voir document de synthèse en fin de résumé.) Par exemple à Barenton, entre 1973 et 1977, un échantillon de 20 ha perd 66 % de sa longueur de talus boisés. Parallèlement, la population de passereaux régresse de 61 % : disparition de la mésange à longue queue, de la fauvette à tête noire, de la sittelle, etc)

Plan du site (clic pour agrandir)

    Le circuit de découverte des oiseaux a été réduit vu le crachin tenace qui a peu à peu rendu les oiseaux muets... La copie du plan des relevés est donnée en annexe. Les moineaux domestiques squattent le toit des bâtiments. Le roitelet huppé chante dans le secteur des résineux, mais sa tonalité très aigue ne rend pas la détection aisée. D’autres chanteurs épars sont entendus plus ou moins loin : la grive musicienne et ses strophes répétées, le rouge-gorge, le pinson... Trois mésanges bleues se querellent, le temps des territoires est venu, il n’y a place que pour deux oiseaux ! Le pigeon ramier a posé l’an dernier son nid de branchettes sur un noisetier enlacé de chèvrefeuille. Le vol de deux oies sauvages (vers le nord) est passé inaperçu : elles n’ont pas crié, l’espèce précise restera donc inconnue. On dira que la migration de remontée vers les lieux de nidification du nord de l’Europe a commencé...

    Pour mémoire, deux chiffres extraits des commentaires :
l’élevage d’une nichée de mésanges nécessite l’apport de plus de 10 000 proies.
Pour maintenir la température de son corps (43°C), une mésange doit consommer une importante quantité de proies. Rapporté à la taille de l’homme, celui-ci devrait consommer 140 kg de viande par jour !

Jean Collette

Voici deux documents aidant à comprendre l'intérêt du maintien d'un bocage en sud-Manche :




Petit historique du Refuge de la Fermette (Bellefontaine 50520)

    Peut-être écoutez-vous le midi sur France-inter l'émission de Philippe Bertrand « Carnets
de campagne » ? Le 6 janvier la Fermette de Bellefontaine était à l'honneur.
    Il y a 5 ans un groupe de jeunes s'est installé là et a acheté 3 maisons individuellement, et 7 hectares en commun. Une SCI a été créée à cette occasion, mais auparavant il avait fallu convaincre les vendeurs : l'ancienne Communauté de communes de Juvigny-le-Tertre. Depuis, ce groupe dynamique composé d'un maraîcher bio, d'une « chiffonnière » (couturière), d'un céramiste et d'un boulanger bio, s'est fait accepter par la population.
    Un comité d'animation à but non lucratif, le CRAC : collectif rural agricole et culturel, a organisé des spectacles et des portes ouvertes, le groupe s'est inséré au mieux dans la vie de ce village touristique, et la fermette est devenue un lieu d'innovation sociale très observé dans le Mortainais.
    La création d'un refuge du GONm et plusieurs sorties ornithologiques ont montré la motivation des habitants du lieu pour préserver leur environnement : un vallon perché au fond de la vallée de la Sée, dans un écrin de bocage de hêtres.
    Anthony, le maraîcher, avait le projet de donner des cours de jardinage biologique, deux adhérents locaux du GONm lui ont proposé de l'aider pour mettre en place des stages. Au printemps, un jardin pédagogique, largement inspiré de la permaculture, sera prêt : jardin mandala, spirale aromatique, jardin Gertrud Frank en lignes associées, serre en bambous, couches chaude et froide, silo à compost, toilettes sèches... Ce jardin mulché, sans retournement du sol, présentera un maximum de cultures associées, fleurs et légumes. Une dynamique s'est mise en place autour du projet et c'est maintenant une douzaine de personnes qui y travaillent autour d'Anthony.
    Dimanche 21 février, une sortie ornithologique, animée par Jean Collette, s'est tenue pour fêter la pose de plusieurs nichoirs pour chouette effraie, faucon crécerelle et mésanges. Voilà un jardin qui devrait profiter d'un bon « coup de main » de la gent ailée pour lutter contre les ravageurs des cultures ! Ça bouge à la Fermette !
    Vous pourrez trouver les produits de la Fermette au magasin du terroir à Sourdeval, ou à la Fermette le lundi et le jeudi à partir de 16 h.
    Pour tous renseignements sur les stages :
armelle@wanadoo.fr
tél : 02 33 59 75 10
site : ateliersdelafermette.free.fr
Stages le 28/29 mai, le 25/26 juin, le 29/30 juillet, le 24/25 septembre
Ces stages sont ouverts aux débutants ou aux jardiniers plus confirmés, adultes ou enfants
accompagnés
Coût 150 euros le WE, gîte communal à proximité.

dimanche 7 février 2016

Le Grouin du Sud


    Après deux animations très proches d'Avranches, nous sommes aujourd'hui en bord de mer, au Grouin du Sud, sur la commune de Vains. Avec 23 participants, il faut se partager les lunettes pour que chacun puisse voir les oiseaux les plus éloignés.


    A proximité du parking, un champ bordé de quelques lignes d'arbustes est fréquenté par une grosse troupe de linottes. Elles volent en groupe, se posent dans la végétation à la recherche de graines d'adventices, retournent se mettre en sécurité dans les buissons ...

    En vol, nous les reconnaissons à leurs cris, à leur vol irrégulier. Aux jumelles nous voyons les parties blanches sur les ailes, visibles sur cette photo, leur queue échancrée. La troupe d'environ 80 linottes se partage souvent en plusieurs groupes.
Le rougegorge chante, l'accenteur mouchet crie, la corneille noire passe, des pies bavardes les suivent.

    Nous rejoignons la pointe du Grouin du Sud. Un peu à l'abri du vent, nous repérons quelques mouettes rieuses, des goélands argentés, un goéland brun, des courlis cendrés et un

grand gravelot qui vient se poser devant nous. Pourquoi est-il seul, alors que cette espèce est plutôt grégaire ? Les explications, avouons-le, sortent un peu des explications sérieuses qui font habituellement l'excellente réputation du GONm ...


    Nous sommes à mi-marée, les bernaches cravants qui ont passé la nuit en sécurité du côté de Tombelaine rejoignent les sites de nourrissage, essentiellement sur les herbus. Des tadornes de Belon les accompagnent souvent. On note que les effectifs de bernaches sont depuis plusieurs années en augmentation en baie du Mont Saint-Michel. Pourtant, la proportion de jeunes, cette année, est faible, ce qui indique que la reproduction a été difficile. Les bernaches que nous voyons viennent de Sibérie.

    Nous descendons sur l'herbu, au bord de la rivière.
Une petite troupe de chardonnerets élégants nous rejoint. Proches parents des linottes, les chardonnerets montrent une large barre alaire jaune vif et un masque rouge et noir sur la tête. Leur bec, plus fin que celui des autres granivores, montre leur spécialisation dans les petites graines difficiles d'accès, dont celles des chardons. D'où leur nom. Aujourd'hui, ils se posent sur des cardères. Comment font-ils pour ne pas se piquer  ?

Une alouette, en passant, pousse son cri roulé.










Dans une boucle de la rivière, une aigrette garzette cherche de petits poissons.


    Derrière ces mouettes rieuses au repos, une spatule blanche tâte de son bec sensible le fond de l'eau. Cet oiseau est en progression à l'échelle européenne, grâce aux colonies bien protégées aux Pays-Bas. Depuis peu, elle niche en Normandie. En période de reproduction, elle vient parfois se poser dans la colonie d'aigrettes de Tombelaine, pour l'instant sans suite. Nous prenons le temps d'observer sa technique de pêche : elle marche sans cesse, tout en balançant sa tête de droite et de gauche.


    Dans l'eau, un grèbe huppé et deux grands cormorans plongent. L'eau n'est pas profonde, ils remontent souvent. A l'envol, ce cormoran montre une tache blanche sur la cuisse : plumage nuptial. Les colonies les plus proches sont à Chausey et près de Cancale l'île des Landes.


    Nous avions prévu un grand circuit mais décidément trop d'oiseaux nous intéressent, nous avançons lentement ! La bergeronnette de Yarrel chasse sur l'herbe rase. Il s'agit d'une sous-espèce de la bergeronnette grise qui niche au printemps dans les îles britanniques et passe la mauvaise saison chez nous. En toutes saisons le mâle (photo ci-dessus) présente un dos noir et le noir de la poitrine rejoint le dos.


    Avec la femelle, ça se complique ... celle-ci a le dos gris et une calotte noire. Voyons "le guide ornitho" :


ici, l'ad.intern. alba, donc la bergeronnette grise "classique" est montré avec la calotte grise, alors que le livre "Identifier les oiseaux" (Couzens), pointu sur les espèces difficiles, montre :


une calotte noire pour les femelles des deux sous-espèces en hiver. Pas facile, hein !
Il n'attribue la calotte grise qu'aux juvéniles.
Alors pour distinguer les deux types de femelles, il faut estimer le gris plus ou moins foncé du dos et sur les flancs, la yarrel montre une couleur fumée, moins blanche que la grise type.
Tout ça pour dire que sur certaines photos on voit ces flancs fumés, il s'agit donc d'une femelle de bergeronnette de Yarrel ! ouf ! Agrandissez la photo suivante pour le vérifier.




    Un pipit farlouse vient les rejoindre, très actif. Ses pattes claires, aujourd'hui très bien éclairées, le distinguent facilement du pipit maritime et du pipit spioncelle, qui fréquentent aussi les herbus en hiver. Un accenteur, nerveux, s'approche, puis vole vers les buissons, son refuge.

    Les oiseaux sont nombreux à passer de la haie à la prairie : une petite troupe de bruants zizis nous nargue un peu, car ils ne sont pas faciles à voir. Ils tirent leur nom du chant du mâle : "zizizizizi". Mais aujourd'hui, nous n'entendons que le cri, un "tzip !" très discret. Un troglodyte chante, des mésanges à longue queue sont entendues.

   D'un point de vue surélevé, nous recherchons les oiseaux sur l'ensemble de l'anse de Gisors : les bernaches sont très nombreuses, accompagnées d'étourneaux, de tadornes, de vanneaux huppés, d'une nouvelle spatule, de quelques canards, dont le canard pilet qui revient d'Afrique. Un busard survole l'espace entre herbus et grève. On le reconnaît à son vol glissé, les ailes relevées en "V" très ouvert. Un pinson chante près de nous, c'est un de ses premiers chants de l'année, encore hésitant.

Les pies sont nombreuses aujourd'hui !

    Au total, 31 espèces d'oiseaux ont été vues, c'était une sortie très riche !

Thierry Grandguillot

Prochains rendez-vous : dimanche 21 février, 09:30 – 11:30
LieuBellefontaine, la Fermette (plan)
DescriptionLes oiseaux du bocage, entre haie et jardin sur un refuge du GONm Dans le cadre du développement d'une activité pédagogique autour du jardinage biologique (permaculture, cultures associées, etc) sur le site de la Fermette, le GONm s'associe à l'initiative d'Anthony, le maraîcher bio et de ses amis en proposant une animation autour des oiseaux du refuge. Des nichoirs ont été fabriqués (faucon crécerelle, effraie, mésanges), certains déjà posés, par les porteurs du projet et ce sera l'occasion de discuter de la place des oiseaux comme auxiliaires du jardinier. RV 9h30 à la Fermette, la Cour de Haut, 3 route de la croix de la Téterre 48°41'00.15N 0° 58'32.38 O covoiturage possible depuis Tirepied ou Brécey Gratuit, ouvert à tous. Bottes conseillées, jumelles non indispensables. Contact animateur : jean Collette 02 33 48 95 63 ou jean.collette@orange.fr Renseignements stages : armelle@wanadoo.fr ou 02 33 59 75 10
mercredi 2 mars, le "café ornitho" à 20h30 au Liberty à Avranches ;
dimanche 13 mars sortie au jardin des plantes d'Avranches à 9h30 ;
dimanche 17 avril à Saint Martin des Champs, rdv à 9h au parking de l'église pour un circuit passant par la Bourdonnière.

dimanche 10 janvier 2016

Au parcours sportif d'Avranches / le Val Saint Père


   La météo matinale peu engageante n’a pas arrêté les 11 participants mais a grandement limité les chances de contacter de nombreuses espèces ! Le paysage traversé, entre reliques de bocage et zones bâties a permis de noter aussi bien des espèces de la haie et des vieux chemins que celles des parcs et des jardins de lotissements. Les pinsons des arbres encore peu colorés ne sont pas très reconnaissables vu le peu de lumière. Heureusement que la barre blanche de l’aile est un bon repère !  L’un d’eux tourne un moment autour des grappes des fruits du frêne sans que nous sachions vraiment s’il cherche à picorer les les graines... Une énigme à résoudre : quels oiseaux se nourrissent vraiment des fruits du frêne ?

La mésange bleue qui se prenait pour un choucas ...


Face au vent qui devient ascendant sur le coteau, la buse.
   Les haies du chemin sont animées par le merle, le troglodyte, la mésange bleue, l’accenteur mouchet, ... Un seul pouillot véloce est reconnu avec certitude. De même, le roitelet huppé, toujours attaché aux résineux, demande de l’attention pour vérifier l’absence de sourcil blanc qui serait le signe de reconnaissance du roitelet à triple bandeau que nous ne rencontrons pas ce matin. Les espèces les plus marquantes de l’ambiance de vieux bocage et de parc ancien sont le grimpereau des jardins et la sittelle torchepot entendus brièvement. Le pic épeiche crie ; des cavités qu’il a creusées dans des troncs âgés sont assez faciles à repérer. Le bouvreuil est entendu à deux reprises, mais ses cris si fluets ne sont pas faciles à repérer... Sa présence en cette saison signifie qu’il trouve dans les buissons et les arbustes des graines et surtout des  bourgeons à fleur qu’il « mastique » longuement au calme. Un couple de buses prend de l’altitude sans un coup d’aile, porté par le vent.
Avec ses feuilles, le nid de l'écureuil.
Brindilles uniquement : corneille.

   Dans la dernière partie du trajet, sous la pluie, les jardins et la rue sont silencieux, seuls quelques corneilles et pigeons ramiers (dont un « faux ») attendent perchés sur les antennes de télévision. C’est aussi la seule occasion d’entendre brièvement le moineau domestique. Paradoxalement, le rouge-gorge chante quand même, certains sont même très confiants et chantent très près de nous.



   À la fin du parcours, le soleil revenu nous incite à faire le tour de la prairie du « parcours sportif ». Une ronde de mésanges dont plusieurs charbonnières anime la haie. Trois espèces de grives sont là ! Deux grives draines, des musiciennes et même des grives mauvis repérées de loin mais peu visibles.

Trop peu de lumière pour la grive musicienne ...
   Notre attention est aussi retenue par le nid de l’écureuil, boule de branches garnies de feuilles mortes haut perchée,  les galles provoquées par des pucerons sur l’orme, le « donjon » de la taupe, grosse taupinière qui surmonte le nid.

Des galles de l'orme.
   Au total, 26 espèces ont été notées, faible score en relation avec la météo. Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons vaincu la pluie !

Comptage « semi-quantitatif » en parallèle de la sortie

   Comme lors de la dernière sortie dans les jardins des faubourgs de la ville, les contacts avec les différentes espèces ont été notés, les individus vus ou entendus étant comptabilisés. Les résultats n’expriment que la partie visible des populations d’oiseaux réellement présentes. L’expression « semi-quantitatif » signifie que le comptage est relatif à un paramètre, ici le temps puisque c’est la demi-heure qui sert de cadre au relevé. Dans d’autres conditions, le comptage pourrait être rapporté à la distance (par exemple X chanteurs de rouge-gorge au km de haie) ou à la surface (X alouette des champs à l’ha sur les herbus). Dans tous ces cas, on ne dit pas exactement combien il y a de rouge gorge ou d’alouette, il faut appliquer d’autres méthodes pour cela.
Choucas à leur place, sur une cheminée. Et un pigeon, je crois !       

   Le conditions météorologiques peu favorables (peu de lumière et même épisodes pluvieux) appauvrissent les résultats. La même règle de prudence déjà énoncée s’applique ici : on ne doit pas comparer les abondances des différentes espèces entre elles. Les chiffres traduisent le « vécu » de l’observateur à cette date, en ces lieux, à cette heure et dans les conditions météorologiques du moment.


   Paradoxalement, malgré le côté résidentiel d’une partie du parcours, la tourterelle turque n’a pas été contactée. Le moineau domestique n’est noté qu’à proximité immédiate des zones bâties.






Souvent proche du centre du réseau de galeries de la taupe, le nid est surmonté d'une grosse taupinière : le "donjon". Que peut contenir ce nid ? Sur le forum du Groupe Ornithologique Normand, lisez les détails.
Les fruits du lierre ont la particularité de mûrir durant l'hiver. Lorsque les oiseaux les mangent, ils ne digèrent pas les graines, qui sont, comme sur le muret du parcours sportif, rejetées dans les fientes. Voilà pourquoi on trouve souvent du lierre sur les poteaux de clôture : un oiseau s'est posé là ...
Jean Collette

Prochaine sortie : Dimanche 7 février 2016, 9h30,
au Grouin du Sud (commune de Vains).
Prévoir des jumelles, des bottes et si vous avez, une lunette.


dimanche 13 décembre 2015

Les faubourgs d'Avranches

Sortie ornithologique  du 13/12/2015 dans les faubourgs du Val Saint Père et de Saint Martin des Champs

Tourterelle turque

Nous étions 15 pour cette dernière sortie de l’année 2015 par un temps brumeux et frais accompagné d’un vent de sud-est modéré.

La 1ère partie du parcours sur le Bd du Luxembourg n’est pas très propice à l’observation et à l’écoute à cause de la circulation automobile, malgré  tout nous observons le pigeon ramier, la tourterelle turque (en vol nuptial), le merle noir dans une touffe de lierre à la recherche des baies dont il se nourrit en hiver.

Nous quittons cette artère bruyante pour nous diriger vers le quartier des Mares, zone pavillonnaire entrecoupée d’anciens jardins et petits prés entourés de haies.
Dans cette zone, les espèces les plus communes de notre avifaune sont notées : la mésange bleue, le pinson des arbres, le rougegorge, l’accenteur mouchet dont plusieurs chanteurs ont été entendus au cours de la matinée. Cette dernière espèce est commune aux abords des habitations pour peu qu’elle dispose d’un terrain avec quelques buissons et haies vives.
Le rougegorge

Le roitelet huppé, le plus petit oiseau d’Europe (9 cm) est entendu à plusieurs reprises, à noter que cet automne notre région a été le témoin d’une migration postnuptiale très importante de l’espèce.
 En approchant des Mares, nous entendons le choucas des tours, la bergeronnette  grise, et le pouillot véloce, petit passereau de 10/12 cm de longueur, dont le cri « huiyit » à été entendu à au moins 4 reprises au cours de la matinée, c’est maintenant un hivernant fréquent sous nos contrées depuis quelques années, car il trouve en hiver les insectes dont il se nourrit.
le choucas des tours (au Pratel)

Ensuite nous notons le moineau domestique, le verdier d’Europe, la corneille noire dont la distance de fuite m’excède pas 10 mètres,  prouvant que nous avons à  faire à un oiseau citadin qui ne craint pas l’homme.
En périphérie du Bois Guérin, la pie bavarde et le geai des chênes sont observés et entendus, ce dernier s’aventurant même dans le lotissement voisin.
Moineau domestique

Avant de regagner le Mont Jarry, nous empruntons un chemin piétonnier bordés de vieux arbres où observons la mésange charbonnière et entendons le troglodyte mignon.
Avec sa coupe de torchis, le nid de la grive musicienne.

A proximité de l’usine Chéreau sur un terrain en friche, dans une vieil acacia plein de gui la grive draine se fait entendre grâce à son cri « dr’r’r’r’r’’r » roulé et sec ainsi qu’un étourneau sansonnet, au même moment une goéland argenté nous survole en route probablement vers le centre de traitement d’ordures ménagères d’Isigny le Buat situé à une quinzaine de kilomètres.
Dans le parc du Carmel, un arbre mort creusé de nombreuses loges de pics.

Après avoir traversé le boulevard du Luxembourg, nous longeons le parc du Carmel au Mont Jarry situé sur la commune de Saint Martin des Champs.
Vers 10h55, une mésange huppée fait entendre sa roulade caractéristique, mais nous ne pourrons l’observer, dommage !
Pigeon ramier au Pratel

Dans le domaine de Baffé, une troupe de mouettes rieuses se nourrissent autour de bovins en pâture.
Nous terminons notre périple en traversant le lotissement du Pratel.
Au total nous avons identifiés 24 espèces d’oiseaux .

Luc Loison

oeil clair, nuque grise : le choucas des tours

Relevé semi quantitatif sur une partie du parcours du dimanche 13 décembre

La corneille noire
Les contacts sont notés au fur et à mesure du déplacement du groupe : espèces (en abrégé : Rg = rouge-gorge, Ra  = pigeon ramier, cn = corneille noire, etc) et nombre d’individus, activité quand il y a lieu (dans un cercle = un chanteur). Les colonnes successives sont calées sur la feuille à l’aide d’un élastique déplacé au fur et à mesure toutes les 5 minutes.


    Les conditions météorologiques (peu de lumière...) et le fait de se déplacer en groupe (il faut bien aussi discuter un peu ou échanger sur les observations, c’est la première fonction de nos rencontres) expliquent probablement la faiblesse du résultat. Seulement 21 espèces observées en 1 heure bien que certaines parties du trajet traversent des zones de vieux arbres...



Le rangement par effectifs colle bien avec le ressenti durant le parcours d’une heure : le pigeon ramier a bien investi ces quartiers, à la fois faubourgs urbanisés, reliquat de bocage enclavé, vieux parcs boisés. Le merle pose une énigme : bien présent durant la première demi-heure, il étonnamment « rare » lors de la seconde... Différence des habitats traversés ? Les choucas sont surtout notés en vol ; la ville qu’ils occupent est loin d’ici mais ils doivent aller se nourrir en campagne ! Le moineau domestique est peu représenté sauf par un groupe rencontré en un seul site (riche en lierre, dortoir parfait !) C’est maintenant le cas général, l’espèce n’est plus aussi présente qu’il y a quelques décennies et les individus encore rencontrés le sont en général en petite colonie. À noter les 4 pouillots véloces, belle preuve de l’installation de plus en plus nette d’hivernants pour cette espèce « autrefois » migratrice et rarement rencontrée en hiver.

Les données numériques de ce genre de relevé sont à utiliser avec prudence. Selon la saison ou l’heure, une espèce est plus ou moins repérable. Le rouge-gorge peut être silencieux et discret  ou au contraire bruyant selon l’heure (il chante tôt...) ; le goéland argenté peut être noté « 1 » ou « 1000 » selon l’heure de vol (venant ou allant au dortoir en baie), etc. Les chiffres n’ont donc une valeur qu’en fonction de l’horaire. Par contre, si le même parcours est effectué dans les mêmes conditions  (date et heure au minimum, météo ?...), les données sont comparables. Dernier écueil, éviter la tentation de comparer les  espèces entre elles. Dire qu’il y a 10 fois plus de pigeons ramiers que de geais dans l’espace que nous avons traversé n’aurait aucun sens. Par contre il est possible de comparer les données au sein d’une espèce. Par exemple ici, nous repérons 8 tourterelles turques lors de la première demi heure puis 3 la seconde. On peut rapporter cette donnée au fait que la traversée de zones plus densément bâties est plus favorable à l’observation de l’espèce spécialiste des antennes !
la grive draine dans le vieil acacia

Enfin l’exercice peut être transcrit dans l’optique de l’enquête Tendances du GONm : il suffit de lister les espèces par tranches de 5 min pour les intégrer au fichier de cette enquête (sauf qu’ici nous ne sommes pas dans les limites de la session à venir : 15 décembre-15 janvier). Si c’était le cas, il faudrait ensuite repasser par le même circuit l’an prochain, même date, même horaire, même vitesse.

Jean Collette


Prochaine sortie : Dimanche 10 janvier, à Avranches, rendez-vous à 9h30 au parcours de santé (c'est entre Avranches et le Val Saint Père)