dimanche 8 juillet 2012

8 juillet 2012, Carolles


Quelques observations relevées le dimanche 8 juillet 2012
à Carolles : la vallée des peintres
8h-9h30 ; météo « gênante », en particulier vent et faible luminosité.
La période est peu favorable à l’observation des passereaux : les chants sont devenus rares, la saison de reproduction étant terminée pour beaucoup d’espèces ; la période de mue qui a commencé est un moment de grande dépense d’énergie pour les oiseaux qui doivent renouveler entièrement leur plumage, ils sont donc beaucoup au repos. Enfin, la nourriture abondante en cette saison raccourcit la période d’alimentation au cours de laquelle les oiseaux en déplacement sont plus visibles. Dernière difficulté, les cris des jeunes récemment sortis du nid ne sont pas très discernables…
Au total, 19 espèces ont été entendues, parfois vues :
  1. le merle noir, couple au sol (pelouse où les vers sont particulièrement recherchés) puis vu sur la litière en sous-bois, habitat caractéristique de l’espèce ; cris d’alerte, dont certains caractéristiques, très aigus, en présence de jeunes. Un bref chant après notre passage sur un secteur à jeunes hors du nid.
  2. Choucas des tours, en vol sur l’agglomération ; les ailes sont incomplètes, la mue des rémiges a commencé.
  3. Verdier d’Europe, un mâle chante sur un des résineux du camping (long « grincement »). Un jeune suit en quémandant un adulte en vol.
  4. Martinet noir, en vol haut sur l’agglomération.
  5. Pouillot véloce, un des rares chanteurs (deux notes balancées et répétées), et le cri « uit » est aussi entendu ;
  6. Roitelet huppé, le cri est émis dans un groupe de quelques thuyas ; présence marquant bien l’attachement de cette espèce aux résineux ; au retour, l’oiseau est encore exactement au même endroit !
  7. Pic vert, le cri est entendu à plusieurs reprises.
  8. Grive musicienne, un seul cri bref en vol ; (et une erreur de détermination au départ, animateur pas top !)
  9. Fauvette à tête noire, plusieurs chanteurs : le phrasé limpide est assez caractéristique, surtout quand la séquence de chant est complète : elle débute par quelques notes un peu éraillées avant que « la gorge ne s’éclaircisse ».
  10. Troglodyte, chants et cris.
  11. Rouge-gorge, cris aux abords des secteurs occupés par des familles ; le cri d’alerte aigu est semblable à celui du merle, ces deux espèces sont de la même famille (les Turdidés), et ont aussi en commun les horaires de chant à l’aube et au crépuscule, et de grands yeux pour voir dans la pénombre…
  12. Grimpereau des jardins, une famille notée grâce aux cris de jeunes ; un adulte vu grimpant sur un des gros troncs du secteur : cet oiseau capture de petites proies dans les anfractuosités des écorces. Sa présence, de même que celle de la sittelle en bocage, est un marqueur de la qualité du boisement des haies.
  13. Pigeon ramier, entendu assez loin : on peut compter les 5 notes du chant, la 3e plus longue, les deux dernières brèves.
  14. Mésange charbonnière, seule mésange repérée, quelques cris…
  15. Pinson des arbres, chant en cascade stéréotypée, toujours identique, terminée par une sorte de pirouette.
  16. (La sittelle est entendue au loin, puis se rapproche, mais elle restera invisible haut perchée dans le feuillage où elle chasse en cette saison.)
  17. Accenteur mouchet, d’abord perché sur le fil téléphonique, puis au sol où il se nourrit des graines éjectées par le broyeur qui a « nettoyé » la berme. Son bec fin le différencie bien du moineau ; les Anglais le nomme « moineau des haies », les Normands « Traîne-buisson ».
  18. Tourterelle turque et son chant sur trois notes.
  19. Pigeon biset, forme semi domestique du pigeon sauvage des falaises.

Je suis allé vérifier quelques chiffres un peu douteux dans mes souvenirs : pour le nombre de plumes : 25 000 pour un cygne, environ 2 000 pour les petits passereaux ; pour le poids relatif des plumes au poids du corps, je n’ai pas retrouvé ma source, j’ai lu par contre pour un aigle 14% du poids, pour une mésange 12% (c’est moins que ce que je vous dit ; ceci dit pour un homme de 80 kg , ça représente quand même près de 10 kg de tissu vivant à reconstituer en quelques semaines ; ça mérite bien quelques heures de sieste par jour !)

Prochaines sorties en juillet dans le sud Manche: Carolles (11/07 SPr), Chausey (13, 14, 15, 16 & 17/07 SPr), Vains et Carolles (18/07 SPr), Genêts (20/07 SPr), St Georges de Livoye (entre Tirepied et Brécey, le 24/07 JCo.)

samedi 9 juin 2012

9 juin 2012, Avranches

Quelques observations relevées au cours de la sortie
du samedi 9 juin 2012 à Avranches (chemin des Mares)

Le printemps est déjà bien avancé et les chants deviennent plus rares. De plus, c’est plus tôt, après le lever du jour, que l’activité est plus marquée. Cependant, quelques espèces sont encore bavardes après 9h30; ce sont les mâles qui sont ici les « bavards » puisqu’il n’y a qu’eux qui émettent des chants ! D’autres espèces seront plus discrètes, l’élevage des jeunes étant une activité prenante (pas de chants de mésanges par exemple)
Le pouillot véloce est entendu à plusieurs reprises, son chant sur deux notes répétées, genre « tchif tchaf tchif tchaf… » est le plus simple. Le chant du pinson des arbres est plus complexe, mais facile à comprendre : une cascade de notes descendantes se terminant par une roulade. La séquence est toujours identique. Plus difficiles, le troglodyte mignon et la fauvette à tête noire…
Le merle noir, le rouge-gorge et la grive musicienne chassent au sol (essentiellement des vers de terre) sur les prairies : ces espèces appartiennent à la même famille, les Turdidés, des oiseaux des humus et des forêts initialement. La grive musicienne est spécialisée dans la consommation des escargots qu’elle sait extraire des coquilles qu’elle casse d’abord en les frappant sur une « enclume », pierre ou sol dur (vu sur le trottoir). Des jeunes merles sortis du nid crient pour se faire nourrir par les adultes.
Peu de mésanges observées… Une mésange charbonnière chasse dans la végétation basse le long d’un talus. Plus rare, la mésange nonnette est repérée par un chant un peu spécial ; la présence d’un couple est peu fréquente en bocage, cette espèce forestière a besoin d’espaces très boisés. Elle était beaucoup plus répandue en bocage avant les remembrements des années 1970.
Autre oiseau picorant des graines sur le chemin, le discret accenteur mouchet est aussi observé brièvement dans le lotissement au retour, chantant même perché sur une antenne ce qui est original pour cette espèce des buissons !
En vol, quelques oiseaux sont faciles à repérer. Le martinet noir chasse les insectes dont il se nourrit : noir, longues ailes arquées et pointues, battements rapides entrecoupés de vols planés, le martinet est bien différent des hirondelles. Nous ne verrons que l’hirondelle de fenêtre côté lotissement, repérée à son petit cri roulé. Les buses variables tournoient et prennent de l’altitude sans un battement d’aile, utilisant le vent et les courants d’air chauds ascendants. Quelques goélands argentés passent. Et c’est en vol qu’on reconnaît le plus facilement le geai des chênes, grâce à son croupion blanc bien repérable, plus visible que les magnifiques taches bleues de ses ailes. Deux autres espèces auraient pu être reconnues uniquement au vol, le pigeon ramier et le pinson des arbres, tous deux porteurs d’une barre blanche bien visible sur l’aile étalée en vol. Le premier est vu posé sur le trottoir près du lycée, se nourrissant sans crainte. Ce comportement confiant et urbain est récent, le pigeon ramier a commencé à s’habituer au voisinage de l’homme au siècle dernier et des ramiers nichent maintenant dans toutes les villes et les villages de la région. L’après-midi, lors de la visite de la propriété des Mares autour de laquelle nous avons tourné le matin, une bande d’une trentaine de pigeons ramiers est posée sur la prairie pâturée. Une « plumée » de ramier est vue sur la prairie fauchée dont nous avons fait le tour, attirés par le chant de la nonnette. Ces plumes arrachées sont le signe qu’un prédateur a capturé et mangé un pigeon. Les plumes étant parfaitement « neuves » (l’extrémité n’est pas du tout usée comme celle d’un pigeon qui a volé un an et qui va muer au cours des mois d’été), on peut en déduire que c’est un jeune né ce printemps qui a été capturé. Le chant du pigeon ramier entendu depuis la rue est facile pour qui sait compter jusqu’à 5, alors que la tourterelle turque, elle aussi vue sur une antenne du lotissement, n’émet qu’un chant à 3 notes.
Deux autres oiseaux sont caractéristiques des zones bâties : le moineau domestique, nicheur des toits (sauf là où l’en empêche avec les « cache-moineaux » !) et le verdier d’Europe dont un couple se pose sur les arbustes des jardins. Le mâle de couleur vert bronze est bien reconnaissable. Cette espèce est très liée aux parcs et jardins et au contraire quasiment absente en bocage loin de l’homme.
D’autres oiseaux ont été vus ou entendus brièvement : les choucas des tours en vol, le pic épeiche au cri sec, la pie, la corneille. D’autres n’ont pas été signalés parce que trop lointains ou rapidement muets : le pic vert, le grimpereau des jardins, le rougequeue noir, le roitelet huppé, le chardonneret élégant…
Au total, j’ai une liste de 29 noms, à laquelle il faut ajouter la présence certaine de l’écureuil (« non volant »…), trahit par les noisettes fendues d’un coup de dent original, et d’un rongeur dans le talus (mulot probable)

Animation proposée par Thierry Grandguillot et Jean Collette ; résumé : Jean Collette

dimanche 13 mai 2012

13 mai, Saint Michel de Montjoie

Quelques souvenirs de la promenade ornithologique du 13 mai à Saint-Michel-de-Montjoie

  1. Le bourg, un espace minéral : les choucas des tours volent et se posent sur les cheminées, nourriture au bec : les jeunes occupent les nids construits dans le conduit des cheminées (ainsi que dans le clocher de l’église). Au pignon d’une maison, étourneaux et choucas semblent se chamailler ; c’est l’époque de sortie du nid des jeunes étourneaux que nous entendrons un peu plus tard. Une hirondelle rustique est perchée sur un fil en bord de route. Cet oiseau est très attaché aux espaces ruraux et à l’élevage bovin : c’est l’hirondelle des étables traditionnelles, mais elle boude les stabulations modernes trop aérées et claires.

  1. Le parc : arbres d’ornement et buissons décoratifs créent un milieu artificiel très attractif : la fauvette des jardins de retour de migration (Afrique transsaharienne) déroule son gazouillis un peu fouillis et rapide ; le pinson des arbres (le chant en cascade), le troglodyte, la fauvette à tête noire (les notes claires et pures) sont aussi à leur place. Le moineau domestique chante sur le rebord du toit ; on aurait pu le noter aussi dans le bourg, c’est un commensal de l’homme (là où les graines restent accessibles, sauvages ou cultivées : il a régressé dans les grandes agglomérations « trop propres »!)


  1. Près du verger haute tige : le merle noir chante en haut du poteau électrique ; il « répond » à un autre merle assez proche : entre ces deux oiseaux passe la frontière des deux territoires, espace défendu par le couple pour le temps de la reproduction. Dans les résineux voisins, un chant aigu et de peu de puissance trahit la présence du roitelet huppé. Cette espèce comme quelques autres a profité de l’extension de la culture des résineux, d’abord dans les parcs puis en forêt, pour étendre son aire de reproduction en Normandie au siècle dernier. Dans le ciel, le martinet noir reconnaissable à ses grandes ailes en faux, chasse les insectes. Lui aussi est un nicheur probable du bourg, dans les anfractuosités du clocher ou sous les corniches des toits. Mais il peut aussi venir de 10 km à la ronde… ou beaucoup plus !

  1. Le long des haies du bocage : le pouillot véloce chasse les insectes dans le feuillage des hêtres ; c’est un mâle car il chante (sur deux notes, « chiff chaff » comme traduisent les Britanniques dans leur langue). Le mâle chante assez haut, mais la femelle a besoin de buissons bas pour cacher son nid en boule d’herbes sèches. Le troglodyte aime les talus où il cache son nid (ses nids, car le mâle est un grand bâtisseur, il doit ensuite être grand séducteur !)

  1. Sur la route de la forêt : une « crotte de saison »… La couleur violette et les graines roses prouvent que l’oiseau (origine certifiée par les traces blanches dues à l’excrétion particulière chez les oiseaux) a mangé les fruits du lierre. Cette plante fleurit en automne et porte des fruits murs en début de printemps, ce qui permet à de nombreux animaux de s’en nourrir (merles, grives, fauvettes, pigeon ramier, fouine…) Le lierre fabrique des fruits coûteux en énergie (pulpe riche en glucides et lipides), mais il y gagne des « transporteurs-semeurs » efficaces ! (les graines germent là où les crottes sont déposées si le sol le permet). La mésange charbonnière, le troglodyte, le pouillot véloce chantent en bordure de route. Cela rappelle que les oiseaux des haies du bocage sont d’abord des oiseaux forestiers à l’origine. Deux geais des chênes traversent la route. Le roitelet huppé est encore entendu, prouvant que le bois de hêtres est ici mélangé de résineux. Le grimpereau des jardins chante, il illustre bien l’ambiance forestière. Il peut être observé en bocage si les haies sont riches de vieux arbres.

La conversation a parfois débordé sur d’autres sujets : la place de l’eau stockée dans les sols agricoles de cette région pluvieuse, une richesse à venir… ; l’évolution actuelle du bocage ; les vieux talus à cépées de hêtres qui ne sont plus entretenus que par la coupe régulière du bois produit ; les plantes à fleurs de la prairie naturelle, nourricières des insectes (la cardamine et le papillon Aurore, les fleurs de la centaurée, du « chardon » = cirse de son vrai nom) ou directement des oiseaux (le pissenlit) ; les plantes invasives, nouveau fléau (la renouée du Japon au bord de la route).
Pour le Groupe ornithologique normand,
14/05/2012 Jean Collette

dimanche 25 mars 2012

25 mars 2012, le Petit Celland

Le Chœur de l’aube

Le PETIT-CELLAND / les Trois Croix
25 mars 2012

L’exercice consiste à noter les espèces au fur et à mesure qu’elles se manifestent par des chants à partir du lever du jour. Les premiers chants sont isolés, puis pour chaque espèce, un « créneau » de paroxysme est marqué avant que les émissions de chant de l’espèce ne deviennent plus rares ou nulles. Les premiers chanteurs (merle, rouge-gorge, grive musicienne…) atteignent ce paroxysme lorsque la « seconde vague » commence à chanter (troglodyte, fauvette à tête noire, pouillot véloce, puis pinson, accenteur…). C’est le moment où le concert est le plus puissant.
Un premier relevé a été effectué le 23 mars pour comparaison sur le même site. La météo étant identique, seule l’heure de lever du soleil a changé entre les deux dates, soit 4 minutes plus tôt.
Bien que présentant de fortes similitudes, les deux listes ne sont pas exactement superposables, d’une part parce que le comportement des oiseaux n’est pas mécanique au point de caler de façon précise chacune de leurs activités dans le temps ; d’autre part les deux séquences ne sont pas exactement identiques : la première, réalisée en solitaire, est parfaitement silencieuse, la seconde en groupe plus bavarde (du coup, quelques espèces entendues ont été oubliées dans la liste…); de même, les déplacements vers le bourg ou les Trois croix n’ont pas été identiques et les occasions de noter certaines espèces ont été décalées.
Certains oiseaux ne sont pas repérés l’une des deux fois : ce sont des espèces présentes en petit nombre sur le site, la sittelle, le grimpereau, le rouge-queue noir, le roitelet huppé, la buse, le verdier ou en migration (pipit farlouse). La migration « de printemps » (migration prénuptiale) est notée les deux matins : grive mauvis, grive musicienne, pipit farlouse et pinson des arbres sont entendus ou vus, en groupe ou isolés, en vol plein est pour la plupart. Autre déplacement particulier, celui des pies venant du dortoir pour regagner leur territoire. Le groupe remarqué par des cris secs caractéristiques de ce type de déplacement, circule en « sous-groupes » se dirigeant vers le même secteur où les couples se séparent ensuite pour occuper leur territoire dans la journée. Le soir, un déplacement inverse a lieu vers le dortoir, situé ici dans un secteur de taillis de châtaignier (choisi sur le critère de hauteur des perches.)
L’écoute s’est partagée entre deux habitats : le bocage et le bois d’une part, le village et les fermes proches d’autre part. Certaines espèces sont communes aux deux, même si nous avons commencé par les entendre côté bocage/bois (pigeon ramier, merle, rouge-gorge…). Par contre, le moineau domestique, la tourterelle turque, le choucas des tours, le rougequeue noir, l’accenteur mouchet sont plus particulièrement typiques des zones habitées. Inversement, la sittelle, le grimpereau, la buse, l’épervier ont ici besoin des espaces boisés pour fréquenter le bocage voisin. Cas particulier, le roitelet huppé ne figure dans la liste que parce que quelques résineux ont été plantés, aussi bien dans une parcelle du bois voisin que sur le site des Troix Croix lui-même.
Au total, 34 espèces ont été notées en 150 m de déplacement et deux séquences d’une heure trois-quart : un beau bilan à mettre au compte de la qualité du bocage environnant où prairies naturelles et taillis se côtoient à la limite des fortes pentes des collines du flanc sud de la vallée de la Sée. De plus, le bourg du Petit-Celland a offert un beau concert de moineau domestique, remarque rassurante sur la résistance locale de cette espèce en fort recul dans bien des zones agricoles ou urbaines.

L’animation « chœur de l’aube » est organisée dans le cadre du quarantième anniversaire du Groupe ornithologique normand. Merci aux neuf participants pour le lever matinal et la patience dont il faut faire preuve au début de la séance (surtout quand les hulottes sont malencontreusement timides comme ce matin !), merci à Monsieur Serrant, maire du Petit-Celland de nous avoir accompagné ce matin.
Pour le GONm,
Jean Collette




Liste ordonnée des observations depuis les Troix Croix au Petit-Celland/50

Remarque : L’assurance de la réalité du rang de « premier » chanteur est donnée par le laps de temps s’écoulant sur place avant cette première audition (arrivée à 5h05 le 23/03 et 5H30 le 25). Seules les chouettes hulottes se manifestent alors.