dimanche 30 juillet 2017

Saint-Hilaire du Harcouët, les étangs du Prieuré

Un coup d’œil à la nature aux étangs du prieuré à Saint-Hilaire

Nous étions 9 motivés autour des étangs du Prieuré le 30 juillet. Cette période fin juillet n’est guère favorable à l’observation de la plupart des espèces « de l’intérieur » : pas ou peu de chants (hormis les classiques verdier et tourterelle turque) et vie cachée pour cause de mue. Cependant, pas moins de 31 espèces d’oiseaux ont été repérées sur les plans d’eau, les rives de l’Airon et les espaces boisés du site. Certaines sont à cette date encore en charge de familles à nourrir tels les merles des pelouses ou les chardonnerets picorant les graines des pissenlits. 
Les jeunes chardonnerets attendent leur ration des graines de pissenlit.

Les cris aigus et poussifs de pouillot véloce immatures sont assez nombreux. D’autres sont déjà en partance et vont nous quitter jusqu’à l’année prochaine comme les martinets et les hirondelles de rivage encore en vol de chasse localement. Au contraire, la première mouette rieuse revient des marais où elle a niché et va nous rester fidèle jusqu’en mars prochain, de même que les grands cormorans retrouvent leur terrain de pêche habituel. 

Mais ce sont les plantes en fleur qui ont le plus retenu l’attention du groupe, celles des berges  du cours d’eau et du canal : de nombreuses plantes sauvages typiques des rives humides sont remarquables en cette saison : lysimaque, angélique, menthe, myosotis, eupatoire etc. De nombreux insectes butinent ces trésors conservés en place en été. La gestion différenciée comme on nomme cette sectorisation de l’entretien  - on ne tond pas partout suivant le même calendrier – trouve ici un bel exemple d’application par les services des espaces verts de la ville : ces rives ont conservé leur végétation naturelle du printemps sans être fauchées d’où leur richesse estivale. C’était aussi un des objectifs de cette sortie : souligner l’intérêt des naturalistes « locaux » pour la démarche et faire passer un message d’encouragement à travers les articles de presse qui ont suivi la visite.

D’autres observations ont ponctué la sortie ornithologique : les chenilles voyantes jaunes et noires (toxiques pour les oiseaux) de l’écaille du séneçon, la volucelle zonée (qui se prend pour un frelon !), les bourdons chargés du pollen récolté sur les fleurs d’angélique mais aussi des espèces qu’on souhaiterait ne pas avoir rencontré : frelon asiatique et coccinelle asiatique... 
Le frelon asiatique.

Jean Collette
photos Pascal Dadu et Jean Collette

La volucelle zonée mime le frelon.

Liste des espèces fournie par Sébastien Crase (auxquelles s’ajoutent quelques espèces notées lors du décompte matinal préalable): 

  1. le verdier
  2. la mésange à longue queue
  3. le choucas des tours
  4. le pouillot véloce
  5. la mouette rieuse
  6. le cygne tuberculé
  7. les canards colverts (35)
  8. le pigeon ramier
  9. le pinson des arbres
  10. le chardonneret
  11. le pic vert
  12. la bergeronnette des ruisseaux
  13. le moineau domestique
  14. la fauvette à tête noire
  15. le merle noir
  16. le grimpereau des jardins
  17. l'hirondelle de fenêtre
  18. le martinet noir
  19. le gobe mouche gris
  20. le troglodyte mignon
  21. la mésange charbonnière
  22. le héron cendré
  23. le pipit farlouse
  24. la corneille noire
  25. la mésange bleue
  26. 2 grands cormorans
  27. l'hirondelle de rivage
  28. la tourterelle turque



dimanche 11 juin 2017

Ducey, le Bois Dardennes


    Nous étions 20 personnes  pour cette dernière sortie printanière avant la trêve estivale au bois Dardennes à Ducey, qui s’étend sur 80 hectares et appartient au département de la Manche depuis une trentaine d’années maintenant.

    En juin, la reproduction  chez les oiseaux bat son plein, les espèces sédentaires ont déjà élevé leur première nichée alors que les migrateurs tardifs débutent leur cycle de reproduction.
    Le nombre d’espèces strictement forestières est peu élevé car une grande partie des espèces vues ou entendues vivent aussi dans nos jardins et nos campagnes.

    A notre arrivée sur le parking du bois, six espèces se font entendre d’emblée : le troglodyte mignon l’un des plus petit oiseau d’Europe au chant puissant, la fauvette à tête noire, le pouillot véloce surnommé le compteur d’écus par nos amis anglais, le merle noir et le rouge gorge familier.

    Un peu plus loin, la sittelle torchepot se fait entendre brièvement, cette espèce est peu connue, d’une longueur de 12 à 14,5 cm elle a le dos gris bleu ardoisé, le ventre orangé. C’est un acrobate qui parcourt les troncs et les branches, quelquefois la tête en bas, à la recherche d’insectes. Elle niche dans une cavité dont elle maçonne l’entrée avec de la boue, d’où son nom de torchepot.

    Le pigeon ramier est commun dans le bois : reconnaissable à son chant caractéristique « Paie-tu un pot, tonton » ainsi que le geai des chênes au cri disgracieux qui tranche avec son chant gracieux que l’on peut entendre en avril.

    Dans ce petit massif forestier plusieurs espèces de pics sont présentes  mais en juin ils sont peu loquaces, le pic épeiche a été entendu grâce à quelques cris  ainsi que pic vert qui ricanait en lisière. Une autre espèce arboricole est très commune : le grimpereau des jardins. D’une taille de 12 cm, il parcourt inlassablement les troncs et les branches à la recherche de sa nourriture constituée d’araignées et de petits insectes. Son chant (une brève strophe à rythme sautillant) permet de le repérer facilement.

Ce tronc mort, plus fragile qu'un tronc vivant, a permis à des pics de creuser leurs loges.
    Les mésanges ont été peu observées, seuls quelques cris de mésanges bleues et une famille de mésanges charbonnières repérées grâce aux piaillements de jeunes tout justes sortis du nid.

    En lisière du bois  avec les anciennes sablières, un chant doux et un peu lancinant se fait entendre « turrrr-turrrrr-turrrrr », il s’agit de la discrète tourterelle des bois qui vient se reproduire dans nos contrées. Elle arrive fin avril début mai et nous quitte en août/septembre pour hiverner en Afrique.
Curieusement nous avons également entendu sa cousine la tourterelle turque en lisière sud du bois, non loin de la Sélune, loin de toute habitation.

    Dans la partie nord du bois où nous pensions entendre le loriot d’Europe, un chant  très aigu, à la limite de l’audition pour certains, attire notre attention il s’agit du roitelet à triple bandeau, l’un des plus petit oiseau d’Europe puisqu’il ne mesure que 9 cm. Malgré nos recherches avec nos 20 paires d’yeux, il ne sera pas vu. Il faut dire qu’il est difficile à voir car toujours en mouvement dans les branches basses ou le lierre. C’est un nicheur peu commun dans l’Avranchin. Pourtant nous aurons entendu un minimum de 3 chanteurs  au cours de la matinée

Un terrier d'abeille solitaire.
    2 autres espèces ont été identifiées : il s’agit du choucas des tours qui est un nicheur abondant à Ducey et de la corneille noire.
Autres observations : un écureuil roux et un « village » d’abeilles solitaire au milieu de notre chemin.
Au total,  20 espèces d’oiseaux ont été identifiées au cours de cette sortie forestière.


Avec les pattes pleines de pollen, l'abeille revient à son terrier.


Les oiseaux entendus au parking du château de Ducey :

    la mésange charbonnière
    le choucas des tours
    un moineau domestique
    une bergeronette

Liste des oiseaux vus et surtout entendus dans le bois Dardennes

    le troglodyte mignon
    la fauvette à tête noire
    le pinson des arbres
    le pouillot véloce
    le merle noir
    le rouge-gorge
    la corneille noire
    la sittelle torchepot
    le pigeon ramier
    le geai des chênes
    le pic épeiche
    le grimpereau des jardins
    la mésange bleue
    la mésange charbonnière
    la tourterelle des bois
    une buse variable ???
    2 roitelets à triple-bandeaux
    le pic vert
    la tourterelle turque
    la grive draine



Compte-rendu de Luc Loison, liste de Sébastien Crase

Prochaines sorties : en été, du 27 juillet au 1er septembre, plusieurs animations à Carolles. Voir le iste du GONm pour les précisions. : http://gonm.org/ , page "calendrier"

Les Animations en Avranchin reprendront le 17 septembre :
Rendez-vous à 9 h au parking de l'écomusée de Vains-Saint-Léonard pour une sortie chemins et herbus.

dimanche 2 avril 2017

Les oiseaux de la ferme de Fumeçon à Ponts sous Avranches


La corbeautière de Ponts
    Le rendez-vous au parking du supermarché local nous voit 26 réunis ce dimanche. Le concert des corbeaux freux (environ 30 couples) perchés sur les peupliers ne gêne pas la grive draine qui chante haut perchée à proximité ! Direction, la ferme de Fumeçon...

Choucas des tours sur un site de nid.
    Nous entendons d’autres draines chanter au cours de la matinée, question de date... Car le printemps est bien là : non seulement les chanteurs sont nombreux mais quelques observations vont plus loin dans l’illustration des comportements liés à la saison de reproduction.

Grive draine en train de chanter.
    Le grimpereau des jardins transportant des herbes jusqu’à la fente située entre deux cheminées accolées n’est pas discret ; heureusement car ce site de nid est un peu inhabituel pour un oiseau plutôt lié aux vieux arbres.

Le grimpereau sur sa cheminée.
    Quelques autres nids sont visibles : la plate forme du pigeon ramier dans les aubépines mêlées de lierre, le nid très haut perché des pies. Concernant cette espèce, la lutte au sol de 3 pies traduit la compétition actuelle pour l’espace réservé au territoire par chaque couple. En général, quand un mâle chanteur veut signaler aux voisins les limites de « sa » propriété, il a intérêt à chanter le plus haut possible ! La mésange bleue à l’arrivée à la ferme ainsi que la grive draine du parking en font la démonstration... Le pic épeiche utilise la résonance du bois mort pour jouer du tam-tam : le tambourinage est aussi une méthode de communication efficace.

Ce vieux chêne abrite une colonie d'abeilles.
    Notre parcours longe les haies de la ferme. Certains arbres sont très âgés et ceux taillés en têtards – chênes et frênes surtout - sont remarquables. L’un d’eux abrite une ruche sauvage. Les mésanges bleues et charbonnières ont intérêt à s’installer dans d’autres cavités !

    Mais les arbres ne sont pas nécessaires à toutes les espèces. Le troglodyte circule le long des hauts talus de la route enfoncée sur l’ancien tracé des chemins creux du bocage ; l’accenteur mouchet chante perché sur un maigre roncier avant d’aller se poser au milieu du champ de colza. Encore plus typique, l’hirondelle rustique qui circule en chantant au-dessus de l’étable occupera les poutres du bâtiment quand la femelle sera arrivée à son tour.

Nids d'hirondelle rustique.
    Un ruisseau passe en bas de la pente bordée de zones humides où la prêle et l’angélique sylvestre commencent à poindre. Une bécassine des marais posée sur la prairie est ici de passage : la migration de printemps fait remonter les derniers hivernants vers les marais où ils nicheront. La bergeronnette des ruisseaux crie à proximité : si un couple est là, la femelle couve probablement déjà !

    Il y aurait beaucoup d’autres faits à rapporter : les fourmis des bois réunies « du bon côté » du talus pour se réchauffer, les coprins si chevelus quand ils sont jeunes avec leur chapeau couvert d’écailles avant de pleurer des larmes d’encre noire plus tard, le beau buisson de « Petit houx », le fragon typique des très vieux talus du bocage, les feuilles naissantes de la bourdaine qui feront les délices des chenilles du Citron plus tard en saison, le bourdon qui butine les fleurs du lamier pourpre, les latrines du blaireau où il dépose ses excréments...

Le blaireau creuse ses latrines.
    En fin de visite, un gros insecte, le Méloé, est trouvé : sa larve est un parasite des abeilles solitaires.


    Enfin, des bribes d'un chant sonore, roulé, nous surprennent : un rossignol ? Après une minute de ces petits bouts répétés, on entend une fauvette à tête noire. On peut penser que celle-ci imitait le rossignol, qui est rare chez nous.
    Nous remercions Monsieur et Madame Crase qui nous ont autorisés à circuler sur leur ferme sous la conduite de notre collègue Sébastien qui établi la liste des espèces notées au cours de la sortie.


Au leader price, on a vu
    la grive graine
    le corbeau freux
    le moineau
    le chardonneret
    le choucas des tours
    le pinson des arbres

à la ferme, on a vu

    l'hirondelle rustique
    la fauvette à tête noire
    le pouillot véloce
    l'accenteur
    la mésange bleue
    le pigeon ramier(construction d'un nid)
    le rouge-gorge
    le troglodyte
    le pigeon biset
    la pie bavarde
    le grimpereau des jardins
    le pic épeiche
    la mésange charbonnière
    la corneille noire
    la grive musicienne
    le geai des chênes
    le merle noir
    l'étourneau sansonnet
    la bécassine des marais
    le pouillot fitis
    la bergeronnette des ruisseaux

Texte : Jean Collette
Liste : Sébastien Crase
Photos : Thierry Grandguillot

   ... et puis, pour le plaisir, trois âges du coprin chevelu :





jeudi 23 mars 2017

La Belangerie à la Rochelle Normande


Lors de la participation du GONm à la rencontre "plantations de haies" organisée par la Chambre d'agriculture le 10 mars à la Rochelle Normande/50, ferme de la Bélangerie, la découverte d'un frêne têtard remarquable a été l'occasion de remettre en lumière ces monuments régionaux que sont les vieux têtards. Une sortie sur la ferme de Jean et Marie-Jo Mésenge a été organisée par le GONm avec leur accord le 23 mars. Nous avons donc fait (ou tenté vu nos conversations nourries!) un relevé des oiseaux des haies dont certaines sont récentes (1 km planté il y a 15 ans) puis invité la presse à nous rejoindre pour mettre à l'honneur les têtards ainsi que les agriculteurs héritiers soigneux de ces arbres qui nécessitent un entretien par coupe tous les 10 ans environ. Un petit souvenir sous forme de photos de pics a été remis à Jean et Marie-Jo. Trois journalistes ont répondu à l'invitation du GONm, des articles à venir mettront donc en lumière ce patrimoine bien menacé qui régresse chaque hiver un peu plus : coupé au pied, le vieux tronc ne rejettera plus de souche comme il le faisait en tête depuis 150, 200 ans ou plus...

Au cours du déplacement de notre groupe, les oiseaux  sont notés en abréviation sur le plan et leur activité est symbolisée : ici, « ac » dans un cercle signifie qu’un accenteur mouchet chante à cet endroit, ac signifie que l’oiseau crie. Les mâles et les femelles crient, par contre seuls les mâles chantent : avec une méthode dite « des plans quadrillés » (ou « quadrat »), durant la période de reproduction, on peut donc compter sans trop d’erreur le nombre de couples nicheurs dans les haies du bocage. Pour d’autres espèces, il est plus simple de compter les nids occupés (par exemple pour les hirondelles).
photo GONm / Carl Gestin

 Le pic épeiche repéré grâce à son tambourinage.

           Groupement d’espèces par habitats
    Vu le peu de données, le classement des espèces tient ici un peu de l’exercice de style, cependant sans exprimer des conclusions erronées. Chaque espèce a des préférences quant à son habitat. Ici, l’accenteur qui est plus un oiseau des buissons que des arbres, se satisfait des plantations de la route d’accès sans arbres et de la haie du bord de route. Inversement, le pic épeiche ne saurait nicher dans cette haie vu son besoin d’arbres âgés pour creuser ses loges et chercher sa nourriture, ce qui ne l’empêchera pas d’aller gober des cerises dans le verger en été puis de glaner les noisettes des haies du bocage voisin. Le moineau est attaché aux bâtiments où il niche dans des cavités ou des charpentes et le chardonneret est considéré comme une espèce anthropophile au printemps, son nid n’est jamais loin de l’homme et de ses jardins et vergers.

Le troglodyte mignon, son chant est inversement proportionnel à sa taille ! (Photo GONm/Carl Ghestin)
    L’habitat du troglodyte est plus difficile à caractériser: il a besoin de  milieux bas et buissonnants, de cavités à flanc de talus, de rives de cours d’eau, mais des murs  de terre un peu défraichis de bâtiments ou un tas de bois font aussi l’affaire !
Pinson des arbres : la femelle ne porte pas le plumage coloré du mâle, mais la barre blanche sur l’aile reste typique. (Photo GONm/Carl Gestin)
Feuille de synthèse :

Jean Collette